Moules zébrées dans Memphrémagog: le lavage des bateaux comme arme de bataille

Par Pierre-Olivier Girard
Moules zébrées dans Memphrémagog: le lavage des bateaux comme arme de bataille

ENVIRONNEMENT. La seule et unique solution pour prévenir et freiner la prolifération des espèces exotiques envahissantes aquatiques, dont la moule zébrée, est le lavage assidu des embarcations de tout type qui naviguent sur les différents plans d’eau de la région.

Ce message a été entendu mainte fois, mardi matin, lors d’une séance d’information organisée par la MRC de Memphrémagog, à laquelle étaient présentes des associations de lac et de pêcheurs. Une rencontre qui avait pour but de dresser un état de la situation, près de six mois après la découverte des premières colonies de moules zébrés dans le lac Memphrémagog.

Selon la coordonnatrice de projets en développement durable à la MRC, Alexandra Roy, la moule zébrée est bien présente dans le Memphré, plus précisément dans la section Nord (entre la pointe Gibraltar et la baie de Magog). On en retrouve aussi dans la rivière et le lac Magog. «La prévention mise de l’avant depuis 1996 a certainement permis de retarder son arrivée, mais aujourd’hui, elle est bien là. Sur le coup, ç’a été une douche froide, mais maintenant, il faut freiner sa progression. D’où l’importance d’un plan d’action et d’une concertation de tous les acteurs du milieu», soutient Alexandra Roy.

 

Le lavage comme arme de bataille

Il n’existe pas meilleure arme pour combattre la moule zébrée et éviter sa prolifération que le lavage des embarcations avant d’accéder à un plan d’eau, aux dires de Mme Roy. Cette dernière précise que cette action peut se faire, à la fois dans des stations de lavage qu’à la maison. «De nettoyer son embarcation, de vider complètement l’eau et de la sécher est la seule et unique façon de prévenir l’introduction des espaces exotiques envahissantes, quelles qu’elles soient, ajoute la coordonnatrice. Tout le monde doit le faire, autant les bateaux à moteur et à voile que les canots, kayaks et «paddle board». Les plongeurs doivent aussi bien laver leur équipement. C’est primordial.»

Dès l’été prochain, de meilleurs contrôles sur le lavage seront effectués, notamment grâce à une meilleure formation des préposés aux stations. On prévoit aussi poursuivre la collecte de données, tout en organisant des corvées bénévoles pour enlever manuellement les moules zébrées.

 

Le lac Massawippi à très haut risque

Même si aucune trace de la moule zébrée n’a encore été signalée au lac Massawippi, les probabilités d’en retrouver à court terme sont très élevées. Surtout qu’il s’agit du seul plan d’eau dans la région dont la vulnérabilité est catégorisée comme «très élevée», en raison de ses conditions naturelles (concentration de calcium et pH).

Un constat qui inquiète au plus haut point la directrice générale de l’organisme Bleu Massawippi, Michèle Gérin. «Ça fait mal au cœur et la situation est tout à fait critique. Si un couple de moules zébrées finit par entrer, on aura des tapis de moules zébrées et ce sera la fin de notre lac. On se retrouve à très haut risque en raison des bateaux qui voyagent sur des lacs, où il y en a déjà. Il faut avoir des règlements plus sévères et mieux contrôler les entrées», soutient Mme Gérin.

Rappelons qu’en quantité importante, la moule zébrée peut causer des bris majeurs aux conduites d’eau potable installées dans le lac, tout en présentant des risques pour les poissons et la faune.

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Nicholas
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Nicholas

Bonjour,

Je suis totalement pour cette prévention et pour le lavage des embarcations.

Une question me reste en tête à chaque fois que l’on parle de cette prolifération.

Les oiseaux ne sont ils pas les principaux vecteurs de cette prolifération ? Si c’est le cas, on ne peut pas l’endiguer il me semble. Peut-être juste la ralentir par les précautions humaines, mais c’est tout, non ?