Légalisation du cannabis: du pareil au même sur le territoire de la Régie de police

Par Pierre-Olivier Girard
Légalisation du cannabis: du pareil au même sur le territoire de la Régie de police
Le directeur de la Régie de police de Memphrémagog, Guy Roy

DROGUE. Plus de trois mois se sont écoulés depuis la légalisation du cannabis. Même si le sujet a fait couler beaucoup d’encre, force et d’admettre que la nouvelle loi a entraîné, jusqu’à présent, très peu de changement dans le travail des policiers.

C’est du moins ce que constate le directeur de la Régie de police de Memphrémagog (RPM), Guy Roy, qui s’attendait d’ailleurs à un tel statu quo. Le principal intéressé confirme que depuis le 17 octobre dernier, le nombre d’infractions liées au cannabis est demeuré sensiblement le même que par le passé, et ce, dans les quatre municipalités desservies par son service (Magog, Canton d’Orford, Austin et Sainte-Catherine-de-Hatley). C’est le cas notamment pour la consommation dans les lieux publics, le nombre de conducteurs arrêtés sous l’effet du «pot» ou encore des arrestations de trafiquants ou de producteurs illégaux. «Même quand le cannabis était légal, c’était assez rare d’arrêter des fumeurs dans les parcs à cette période-ci de l’année, quand il fait aussi froid, relativise Guy Roy. Ce sera sans doute différent l’été prochain. S’il le faut, on s’ajustera en temps et lieu.» Même si la consommation se fait dans les règles de l’art jusqu’à présent, la situation n’est pas complètement rose aux yeux de Guy Roy. Ce dernier soutient que le plus difficile comme gestionnaire est de s’ajuster aux modifications législatives qui sont occasionnées, notamment, par l’arrivée du nouveau gouvernement. Ce dernier entend resserrer les règles en interdisant, notamment, la consommation de marijuana dans les lieux publics, un pouvoir qui relevait auparavant à chaque municipalité. De plus, le premier ministre François Legault veut faire passer l’âge légal pour fumer de l’herbe de 18 à 21 ans. Bref, des changements qui arrivent à peine quelques semaines après la légalisation et des mois de préparation, ce que déplore le directeur de la RPM. «Chaque changement à la loi signifie une nouvelle application, donc de nouvelles formations obligatoires pour tous les policiers. Au bout du compte, c’est beaucoup de temps, d’argent et d’ajustements. Il y a aussi toute la question des appareils de dépistage pour la drogue au volant, qu’on tarde à recevoir. Pour le moment, on fonctionne à l’ancienne, avec un agent évaluateur, sans trop savoir ce qui se passera», conclut-il. Rappelons que le gouvernement caquiste a déposé un projet de loi sur le cannabis le 5 décembre dernier.

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