«Bien triste nouvelle pour la nage en eau libre en Estrie»

Par superadmin

D’entrée de jeu, je tiens à saluer le courage et la sagesse du conseil d’administration de la Traversée du lac Memphrémagog, d’avoir pris une décision qui s’avérait nécessaire afin d’éviter le désastre financier. Le manque de ressources financières combiné aux exigences des fédérations internationales qui deviennent de plus en plus contraignantes ont fini par saborder les efforts des administrateurs. Vu les récents déboires d’une fédération voisine, il est d’ailleurs justifié de se questionner sur la réelle volonté de celles-ci de promouvoir le sport et les intérêts de leurs athlètes.

Cependant, le contrecoup de cette décision risque de faire mal. Bien qu’on ait décidé de maintenir les volets récréatifs et amateurs des activités aquatiques, je doute que l’objectif de développement d’une relève en eau libre tienne bien longtemps si les jeunes athlètes ne peuvent plus voir ni même côtoyer leurs idoles de près. La nage en eau libre est un sport assez marginal qui a connu une hausse de popularité ces dernières années parce qu’il y avait des athlètes de fort calibre qui venaient nager dans notre cour (lac).

Les Stoychev, Blaum, Geigo et autres athlètes provenant des quatre coins de la planète ont un effet d’entraînement très positif qui a motivé des Bilodeau, Dubreuil et Desharnais de chez nous. Ces derniers sont devenus des modèles pour d’autres jeunes de la région qui réalisent que la possibilité de répéter de telles performances est possible.

Des évènements comme les traversées internationales servent de vitrines aux athlètes qui y participent. Sans évènements du genre, on pourrait douter de l’attrait qu’aurait une telle activité. Retirez le club de hockey Canadien et les matchs de la LNH de Montréal et il y a fort à parier que la popularité du sport chez les jeunes montréalais perdrait de son lustre.

Évidemment, pour maintenir de tels évènements, il faut pouvoir les financer. Et pour les financer, il faut la volonté du milieu pour participer et soutenir activement le développement de ceux-ci. Et comme pour les amateurs de hockey, football ou baseball qui acceptent sans trop de difficulté de débourser une centaine de dollars pour assister à un match de leurs idoles, il faudra aussi penser aux autres idoles qui nagent 7 heures.

Si notre objectif comme société est de favoriser la santé et l’éducation de notre population, il faudrait peut-être commencer par investir dans ces activités qui en favorisent le maintien plutôt que dans celles qui en corrigent les lacunes.

Mais, il y a de l’espoir, et récemment, un circuit de développement a vu le jour et nous assisterons peut-être dans les prochaines années à la création d’un circuit Estrien de nage en eau libre, regroupant les courses dans les différents lacs de la région. Alors, souhaitons vivement le retour d’une compétition internationale de nage en eau libre à Magog afin de poursuivre dans le même sens que l’a fait la Traversée ces dernières années et continuer d’attirer les grands noms de ce sport chez nous.

 

Jean Desharnais (père de Xavier Desharnais)

Sherbrooke

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