André Desjardins, l’artiste derrière l’ambassadeur

Par Charles-Antoine Rondeau

Publié le 29 mai 2015
L’artiste André Desjardins est l’ambassadeur du premier festin de homards au profit de La Ruche, qui aura lieu le 29 mai.
(Photo gracieuseté - Dominique Chartrand)

AMBITION. L’ambassadeur du premier Festin de homaRts au profit de l’École secondaire La Ruche, l’artiste André Desjardins, affirme que pour se démarquer, il faut aimer ce qu’on fait, être passionné et avoir de la rigueur.

À l’époque où il fréquentait la polyvalente, André Desjardins était avant tout un grand sportif. En cinquième secondaire, il a été nommé athlète de l’année à La Ruche. «J’ai nagé avec l’équipe de La Ruche pendant tout mon secondaire et j’ai toujours très bien performé», lance-t-il avec fierté.

C’est cependant le milieu des arts qui l’a accroché davantage. «On avait des cours où on touchait à toutes sortes de métiers professionnels, dont le dessin technique, et c’est là que j’ai eu la piqûre», affirme celui qui a ensuite poursuivi des études en graphisme au cégep, avant de faire un baccalauréat en design graphique à l’Université de Sherbrooke.

La profession ayant évolué au cours des années, M. Desjardins était, après ses études, moins intéressé à travailler dans le domaine. «Depuis que tout se fait sur ordinateur, ça m’interpelle beaucoup moins. De plus, après mes études universitaires, je n’ai pas voulu travailler pour une agence, car c’est beaucoup de stress», souligne-t-il.

Ayant un penchant pour la culture, il fonça, sans expérience. «Je suis allé au Théâtre du Nouveau Monde et je leur ai offert de faire la dernière affiche de la saison. Ils ont accepté, et à Noël, j’avais déjà des contrats dans quelques-uns des principaux théâtres de Montréal.»

André Desjardins a par la suite travaillé en Europe, fait plus de 1000 pochettes d’albums et collaboré avec quelques-uns des plus grands artistes africains, dont Youssou N’Dour et Césaria Évora.

Dans les années 1990, il s’est retrouvé aux commandes d’une réelle agence de pub intégrée. «À un moment, j’avais plus de 80 employés. J’ai vendu en 2001, car j’étais rendu à faire de la comptabilité, de la gérance et de la vente, et je n’aime aucune de ces choses. Je suis un manuel et je m’éloignais du monde artistique», déclare-t-il.

Un retour aux sources couronné de succès

Pendant toutes ces années, M. Desjardins n’a jamais cessé de dessiner. C’est au début des années 2000 qu’il a commencé à s’y mettre plus sérieusement. «Je me suis mis à peindre et à organiser des expositions, et ça allait très bien. En deux ou trois ans, j’ai vendu 150 toiles sur Saint-Laurent, à Montréal.»

En 2008, l’artiste a voulu voir quelle serait sa valeur en dehors de la province. Accompagné de sa femme, il s’est rendu à l’une des plus grandes expositions d’art, l’ArtExpo, à New York. Il espérait y vendre six des 26 tableaux qu’il avait apportés. Il est finalement reparti avec aucune de ses œuvres, en plus d’avoir signé un contrat avec une agence très réputée.

«À la fin de l’événement, Masterpiece Publishing sont venus me voir pour me dire qu’ils seraient honorés de me représenter», de dire M. Desjardins.

En plus d’être peintre, l’artiste sculpte le bronze. Il avoue que cet art n’est pas ouvert à tous, car très cher à produire. La production d’une seule sculpture coûte environ 10 à 15 000 $. De plus, pour que les œuvres soient exposées, il faut en produire en grand nombre, et il faut être dans plusieurs galeries pour que ce soit rentable.

Il se considère donc très chanceux de pouvoir pratiquer cet art. «Masterpiece Publishing assure 100 % des coûts de production. C’est ce qui me permet de produire», reconnait-il humblement.

Les prix de ses sculptures sont élevés, ce qui est expliqué par le grand nombre d’intervenants dans la production. «Aux cinq représentations d’une même œuvre vendues, le prix de celle-ci augmente de 15 %. Au départ, elle peut coûter 10 000 $ puis finalement coûter 50 000 $.»

Aujourd’hui, ses œuvres sont exposées dans 35 galeries partout à travers le Monde, dont la Galerie ROCCIA, à Montréal. Malgré sa notoriété, il reste peu connu dans la municipalité qui l’a vu grandir.

«Le milieu des arts visuels en est un assez fermé. Dans le milieu lui-même, je crois que je suis assez connu. Des artistes vivants, on n’en connait pas beaucoup», fait-il remarquer.

Au cours de sa vie et de sa carrière, André Desjardins a souvent changé de chemin. Pour lui, il s’agit d’un souci de liberté. «Professionnellement, je n’ai jamais travaillé pour personne. J’ai un souci d’indépendance et dans la vie, il faut faire des choix pour soi-même.»

Le peintre et sculpteur éprouve visiblement un sincère amour pour son école secondaire et est heureux de voir que la culture et la dynamique qui l’habitaient il y a 30 ans sont restées. «Si je dois me dépasser et travailler des centaines d’heures pour atteindre mon objectif, je vais le faire, et ça, je l’ai appris à La Ruche», conclut-il.