L’organisatrice communautaire au Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog, Marie-Ève Nadeau, est entourée de Roch Bissonnette et de Nicole Guillemet, qui ont été proches-aidants à un stade ou l’autre de leur vie. (photo: Vincent Cliche)
S’identifier proche-aidant peut parfois être difficile
Ils sont plus de 6000 proches-aidants dans la MRC de Memphrémagog et pourtant seulement une trentaine d’entre-eux participent activement au sein de leur association régionale. Selon Nicole Guillemet, elle-même proche-aidante, l’une des raisons pour laquelle ce nombre est peu élevé relève de la difficulté que ces personnes ont à s’identifier à ce titre.
«Quand j’ai commencé à m’occuper de certains membres de ma famille à mes dépens et qu’on m’aurait approché pour me dire que j’étais un proche-aidant, je leur aurais tout de suite répondu non. A priori, on s’occupe de notre mère, de notre père. Ce n’est pas un boulot de faire ça. Il existe un lien qui nous unit et ça nous semble normal de l’entretenir», explique Mme Guillemet.
Cependant, il vient un temps où ces personnes ont besoin de conseils, de repos ou de ressources. Le Réseau des proches-aidants de Memphrémagog est donc là pour eux. Roch Bissonnette se dit chanceux d’avoir reconnu ses limites en s’occupant de sa femme aujourd’hui décédée. «Cette association a été là pour m’appuyer lorsque j’ai perdu ma conjointe. Si le Réseau n’avait pas été là, tu arrives seul à la maison et tu te demandes ce qui t’arrive. Le suivi de deuil est un service très important», souligne M. Bissonnette.
L’association de proches-aidants de la région désire tendre la main à de nouveaux membres, même si la tâche s’annonce ardue. «Plus nous serons et mieux ce sera pour faire entendre notre voix à Québec», précise l’organisatrice communautaire, Marie-Ève Nadeau, sans toutefois révéler des revendications précises. Cependant, elle note que la reconnaissance salariale des proches-aidants ainsi que des services de nuit répondant mieux à leurs besoins pourraient bien être mis de l’avant auprès des politiciens lors d’une éventuelle campagne électorale.
Le Réseau invite d’abord ses membres ainsi que toute autre personne vivant une même situation à se rendre à diverses activités et conférences qui auront lieu au cours des prochains mois. Un atelier sur le processus décisionnel de placement (28 février), une rencontre avec Me Carole Guillemette, notaire (28 mars), un atelier sur le deuil (25 avril) et un atelier de relaxation (13 juin) sont au programme. Pour s’inscrire, on peut composer le 819 843-2572 poste 2318.