À Magog, la police vous a à l’œil…
Je suis parti de Magog pour retourner à Montréal, en octobre 2008, dans l’espoir de trouver du travail comme apprenti électricien. Mais voilà, la récession m’a grandement affectée. À la mi-juin 2009, un ami de Magog m’appelle pour m’offrir un poste de cuisinier là-bas que j’ai accepté.
Par un bel après-midi d’août, nous prenons nos vélos pour nous rendre au travail lorsque nous nous faisons arrêter par la police à vélo. Nous demandons à l’un des deux policiers la raison de cette arrestation, et ce qu’il va nous arriver. L’un d’eux nous dit qu’il nous manque des réflecteurs à l’avant et à l’arrière de nos vélos, et que ce sera un avertissement. Son collègue ne l’entend pas de cette oreille, et affirme que pour des adultes, il n’y a pas d’avertissement, seulement des contraventions (à 37 dollars chacune pour 4 réflecteurs), car nul n’est censé ignorer la loi.
Certains policiers sont malheureusement trop connus de beaucoup de Magogois à cause de leur manque de discernement sans demi-mesures. C’est le genre de policiers, qui, s’ils avaient été à Montréal Nord l’année dernière, auraient très certainement fait beaucoup de mal à la déontologie policière.
Entendons-nous bien, pour une saine démocratie, nous avons besoin de policiers qui ont à cœur leur métier qui ne doit pas toujours être facile, mais nous n’avons pas besoin de policiers qui prennent un malin plaisir à verbaliser aussi bien des enfants que des adultes à vélo, ou encore des touristes. Cela est très mauvais pour l’image de Magog. Le jeune laveur de vaisselle avec qui je travaille a déjà reçu une contravention à cause de ses cheveux (70 $), ce qui est proprement scandaleux, le délit de faciès est très proche du racisme !
Revenons au fameux «nul n’est censé ignorer la loi», une loi obsolète qui date de l’Acte de l’Amérique du Nord, aux alentours de 1867. Nous sommes en 2009! Et cette loi, qui a été entérinée sous l’empire britannique voici 142 ans, elle a beaucoup d’alinéas qui se sont ajoutés depuis…
Je m’adresse à vous, monsieur le ministre de la Sécurité publique, Jacques P. Dupuis, madame la ministre de la Justice, Kathleen Weil, ainsi que monsieur le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, cette loi devrait être abrogée. Elle prend la population en otage et enlève tout discernement à certains policiers en mal de pouvoir. Je n’ai cité ici que deux pathétiques exemples de ce qu’ils sont capables de faire, il en reste bien d’autres…
Pourquoi, s’il manque un phare sur une auto, nous avons un avis de 48 heures, alors que sur un vélo qui n’émet aucun gaz à effet de serre, de jour, sur une piste cyclable, nous sommes verbalisés sur-le-champ? C’est à se demander pourquoi la politique de la police de la Ville de Montréal, qui semble aller vers un rapprochement avec le citoyen, n’est pas appliquée à la grandeur de la province…
Enfin, une question pour monsieur Poulin, premier magistrat de Magog, à la veille des élections municipales : allez-vous prendre des engagements en regard de la surveillance policière abusive ? Cela amènerait sûrement un peu d’oxygène dans votre ville, où nous nous y sentions plus en sécurité, trop, c’est comme pas assez… J’espère, monsieur le maire, que vous serez être sensible à mes protestations
Jean-François Bottollier
Magog