La fin des classes 2009 a une signification bien particulière pour Lise Courtemanche, qui tire sa révérence après 46 années dans l'enseignement. Plus de 1000 élèves, dont ceux-ci, l'auront côtoyée durant cette période. (photo: Patrick Trudeau)
Une enseignante tire sa révérence après 46 ans
La fin des classes avait assurément une saveur particulière, mardi dernier, à l'école primaire Sainte-Marguerite de Magog. Après 46 années dans l'enseignement, Lise Courtemanche a choisi de tirer sa révérence, au terme d'une carrière qui lui aura permis de participer activement à l'éducation de plus de 1000 élèves.
Mme Courtemanche est sans contredit un monument du corps professoral de la région de Magog. Alors que la profession est de plus en plus difficile et que plusieurs de ses collègues sont victimes d'épuisement professionnel, cette dame a tenu le fort pendant plus de quatre décennies.
Même les épreuves personnelles les plus difficiles ne sont jamais venues à bout de sa passion pour son métier, mais surtout pour les enfants.
Et c'est d'ailleurs cette passion qui l'a transportée pour une dernière saison scolaire, après que deux cancers lui eurent fait la vie dure en 2007-2008. «Plusieurs personnes me suggéraient de prendre ma retraite, mais je tenais à revenir pour une dernière année. Ça faisait partie du processus de guérison. Je souhaitais choisir moi-même la date de mon départ. Je ne voulais surtout pas que ce soit la maladie qui décide à ma place. Maintenant que je suis guérie, je peux partir en paix», assure-t-elle.
«J'ai été très prudente dans mon retour, mais je savais aussi que le contact avec les enfants m'énergiserait. Chaque jour, ce fut un bonheur pour moi de me présenter à l'école. Je me plaisais à dire que ma classe, c'était le Jardin de Lise, et que les fleurs, c'était les enfants», image-t-elle, en jetant un regard affectueux sur son groupe.
C'est également son métier, ou sa vocation, devrait-on dire, qui lui a permis de garder le moral lorsque son fils Stéphane est devenu lourdement handicapé à la suite d'un bête accident, en 1983. «Je n'ai jamais eu l'idée d'abandonner l'école pour m'occuper de mon fils, même si son état a toujours nécessité beaucoup de soins. En continuant d'aller en classe, ça me permettait de me retrouver dans un autre monde, bien que parfois, j'arrivais très épuisée au travail», avoue-t-elle.
De toutes les réformes
En 46 ans de métier, Lise Courtemanche aura été témoin de toutes les réformes et changements apportés au milieu de l'enseignement.
Après avoir effectué divers contrats de suppléance à Magog et Sherbrooke de 1963 à 1968, elle a obtenu un poste au Collège Sainte-Marguerite (l'appellation de l'époque), en septembre 1968, dans une classe de première année mixte. Elle n'a plus jamais quitté ce niveau par la suite. «Je fus la première à enseigner dans une classe mixte de première année à Magog. Je n'étais pas très heureuse de ce choix au départ, car j'étais avant tout une enseignante de cinquième année. J'ai finalement appris à apprécier ce groupe d'âge. J'ai eudes offres par la suite pour aller enseigner à d'autres niveaux, mais j'ai toujours refusé», raconte-t-elle.
«Les jeunes de première année aujourd'hui sont très ouverts sur le monde et ils ont des conversations qui ressemblent à celles des jeunes de cinquième année à l'époque. Il faut toutefois apprendre à vivre avec des réalités familiales différentes. J'ai cependant toujours misé sur la collaboration avec les parents. C'est l'un des secrets de la réussite, selon moi. Et je me considère choyée, car les parents de mes élèves ont toujours bien répondu. La semaine dernière, par exemple, pour une petite activité de fin d'année, il y avait 16 parents sur 19 jeunes qui étaient présents. J'étais vraiment épatée», se réjouit-elle.
Et que compte faire une enseignante nouvellement retraitée durant ses futurs temps libres? «Je vais me remettre à diverses formes d'art, comme le chant et la peinture. Et j'ai aussi laissé mon nom à l'école pour revenir donner un coup de main à l'occasion. Je pourrai peut-être me rendre utile de temps à autre à la bibliothèque».
Bonne retraite Mme Courtemanche!
MICHEL POULIN
Commentaire mis en ligne le 27 juin 2009Bonjour Madame Courtemanche c est avec joie que j ai pris connaissance de votre article qui annoncait ta retraite de l enseignent.je te souhaite beaucoup de bonheur .
michel poulin maire de ST-ROBERT-BELLARMIN BEAUCE -SUD
ENCORE UNE FOIS BONNE RETRAITE.