Trois représentants de la communauté des affaires de Memphrémagog et des employés du Mont-Orford, Marc Bellemare (FTQ), Denis Roy (CCIMO) et Pierre Pellerin (CLD Tourisme) ont uni leur voix pour presser le gouvernement du Québec de dénouer de toute urgence le dossier d'Orford. (photo : Dany Jacques)
Orford: on veut que ça bouge!
Le scénario semble se répéter dans la saga du Mont-Orford, mais la communauté des affaires de la MRC de Memphrémagog et les employés de la station touristique pressent le gouvernement d'accélérer le traitement de cet épineux dossier avant qu'il ne dérape encore une fois.
Le président sortant de la Chambre de commerce et d'industrie Magog-Orford, Denis Roy, applaudit la prolongation du mandat de la SÉPAQ jusqu'en mai 2010, mais espère un dénouement rapide. «Il est impératif qu'un nouveau gestionnaire soit retenu d'ici la fin de l'année 2009 et, pour ce faire, les processus doivent être clairs et enclenchés par le gouvernement dès le début de l'automne», prévient-il.
Denis Roy met aussi l'accent sur les retombées économiques du Mont-Orford pour mieux faire comprendre son message. Selon lui, la station génère annuellement des retombées de 20 M $ en plus de donner du travail à l'équivalent de 560 personnes à temps complet. «Le gouvernement, qui a fait de l'économie son leitmotiv, doit passer de la parole aux actes et consolider les emplois touristiques de la région», laisse-t-il entendre.
Pierre Pellerin, président du Comité touristique du CLD Memphrémagog, déplore les conséquences d'un climat d'incertitude, comme celui qui prévaut actuellement. «Nos partenaires sont en mode attente et plusieurs attendent les conclusions de ce dossier pour investir des sommes d'argent», signale-t-il.
Marc Bellemare, conseiller syndical de la Fédération des travailleurs du Québec et représentant des employés du Mont-Orford, rappelle l'urgence de se prononcer pour assurer l'avenir de la montagne à compter de la saison 2010-2011. «Il faut que le gouvernement se branche pour le mois de septembre, car le temps joue contre nous. Il faut aussi trouver une solution avant le scrutin municipal de novembre pour éviter que la montagne ne devienne un enjeu électoral encore une fois», indique-t-il.
M. Bellemare conseille aussi à ceux qui militent pour la réintégration rapide des terres dans le parc Orford qu'il ne s'agit pas de la solution idéale. «Tout le monde s'entend pour réintégrer ces terres, mais cela doit se faire avec un plan de relance, un élément absent pour l'instant», insiste-t-il.
Selon M. Bellemare, la propriété des équipements actuels représente l'un des principaux irritants du dossier. La ministre Line Beauchamp a déjà mentionné que le gouvernement ne souhaitait pas demeurer propriétaire des installations, mais n'a proposé aucune solution de rechange. «Le problème, de dire M. Bellemare, c'est que le gouvernement ne pourra jamais obtenir le même prix que celui de la vente. Il a payé environ 10 M $, mais ça ne vaut plus que 2 M $. De plus, pour compliquer le dossier, il a une poursuite de 20 M $ sur le dos initiée par l'ancien propriétaire André L'Espérance, qui conteste ce prix de vente.»