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Le Reflet du Lac
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Jacqueline Rodrigue est terrorisée par les chemins de fer

Patrick Trudeau par Patrick Trudeau
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Article mis en ligne le 26 septembre 2008 à 12:00
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Jacqueline Rodrigue est terrorisée par les chemins de fer
Jacqueline Rodrigue est particulièrement prudente lorsqu'elle traverse les passages à niveau. (photo: Patrick Trudeau)
Jacqueline Rodrigue est terrorisée par les chemins de fer
Conductrice d'un fauteuil motorisé depuis de nombreuses années, Jacqueline Rodrigue craint toujours pour sa vie lorsqu'elle passe sur une traverse de chemin de fer. Et on la comprend facilement. Le 27 janvier dernier, son conjoint, Roger Rancourt, perdait la vie sur un passage à niveau de la rue Principale Ouest, en face de la place Le Moulinier.
M. Rancourt tentait alors de dégager son quadriporteur, demeuré coincé entre les rails, lorsqu'il a été happé mortellement par un train.

Pourtant, l'homme de 64 ans avait l'usage complet de ses jambes, mais il n'a visiblement pas entendu le train qui arrivait derrière lui. «Quand Roger était dans sa bulle, il n'entendait plus rien autour. Il a probablement passé un peu trop sur le côté, en voulant éviter de la glace, et c'est là que ses roues sont restées prises. Il était sûrement trop concentré sur son véhicule qu'il ne se rendait pas compte de ce qui se passait autour», explique Jacqueline Rodrigue.

Ironie du sort, c'est Mme Rodrigue elle-même qui avait offert ce quadriporteur à son époux, un an plus tôt. «C'est un cadeau que je lui avais fait pour qu'il puisse se balader avec moi. Il adorait ce mode de transport et c'était devenu un loisir important pour lui. Je devais l'accompagner lors de cette fameuse journée (du 27 janvier), mais j'avais laissé tomber à la dernière minute à cause de la température. En raison de mon arthrite, je ne peux pas rester à l'extérieur bien longtemps quand il fait trop froid».

Mme Rodrigue se dit encore peinée aujourd'hui lorsqu'elle entend des gens émettre la thèse d'un suicide. «Il faut qu'ils arrêtent de penser ça; c'était tout simplement un accident», insiste-t-elle.

Malgré sa peine, la dame n'a jamais songé à abandonner son fauteuil motorisé, un outil essentiel à ses déplacements. «C'est déjà mon quatrième fauteuil depuis le début des années 1990 et je ne pourrais plus m'en passer. Par contre, j'ai toujours eu une crainte quand je passais sur un chemin de fer, et depuis l'accident, j'ai encore plus peur. À chaque fois que je traverse un passage à niveau, je retiens mon souffle».

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