Lisette Longpré (au centre) était accompagnée de plusieurs membres de sa famille lors de sa visite à l'aréna de Magog. À gauche, on reconnaît son mari Serge Longpré et sa fille Manon, alors qu'à droite, on retrouve sa petite-fille Caroline et son fils Richard, père de Vincent. (photo: Patrick Trudeau)
Elle quitte Aube-Lumière pour encourager les Cantonniers
Atteinte du cancer, Lisette Longpré tenait à voir jouer son petit-fils une dernière fois
Les Cantonniers de Magog ont accueilli de nombreux invités de marque lors de leur ouverture officielle, mercredi soir dernier. Ce que plusieurs ignoraient toutefois, c'est que la plus courageuse de leurs partisans, Lisette Longpré, se trouvait incognito dans les estrades, après avoir quitté momentanément la Maison Aube-Lumière spécialement pour assister à cette rencontre.
Atteinte d'un cancer des poumons depuis novembre 2007, Mme Longpré a vu presque tous les matches de la dernière saison des Cantonniers, malgré son état de santé.
Les choses ont toutefois empiré au cours des dernières semaines lorsque le cancer s'est aussi attaqué à ses os. Il y a une dizaine de jours, elle a fait son entrée à la maison de soins palliatifs Aube-Lumière, un endroit où l'on accueille les malades en fin de vie.
Sachant fort bien que ses jours sont comptés et malgré ses souffrances, Lisette Longpré a tout de même réussi à convaincre les médecins de la laisser sortir quelques heures, mercredi dernier, le temps qu'elle aille encourager ses Cantonners et surtout, son petit-fils Vincent Longpré, détenteur du chandail numéro 47 dans l'équipe magogoise et vétéran de deux saisons. «Je tenais à voir au moins un dernier match de Vincent, puisqu'on ne sait pas ce qui peut arriver dans les prochaines semaines. J'ai eu un peu de difficultés à monter les escaliers dans les estrades, mais pour le reste, ça va bien. Sait-on jamais, peut-être aurai-je la chance de voir d'autres matches», lance la dame de 67 ans avec une dose d'espoir.
«Maman tient beaucoup à la vie et c'est pour ça qu'elle a insisté pour être présente au match», a ajouté sa fille Manon Longpré, qui lui a servi d'ange-gardien tout au long de la soirée.
Une épreuve en silence
Si Lisette Longpré a vécu des moments précieux lors de l'ouverture officielle, son petit-fils Vincent est aussi passé par toute la gamme des émotions. Après avoir préparé le premier but du match (celui de Jean-François Plante), il a été expulsé de la rencontre en fin de deuxième période, pour mise en échec par-derrière.
Le jeune homme de 16 ans, qui est particulièrement présent auprès de sa grand-mère, la visite presque quotidiennement à la Maison Aube-Lumière, lorsqu'il a terminé ses cours au Cégep de Sherbrooke. Il a toutefois choisi de rester discret sur la situation qu'il vit, de sorte que ses coéquipiers découvriront sans doute en lisant ces lignes l'épreuve qu'il traverse depuis presque un an. «Personne n'était au courant. Depuis l'an dernier, je joue les matches pour moi, mais également pour elle. C'est une femme qui a beaucoup de courage et qui est un modèle d'inspiration», indique l'attaquant magogois.
On peut donc comprendre tout le désarroi de Vincent Longpré lorsque l'arbitre lui a indiqué le chemin du vestiaire en deuxième période. «Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis déçu. C'était un match spécial pour elle et pour moi, et ça faisait une semaine qu'elle en parlait. Ça ajoute à ma frustration d'avoir été expulsé».
Vincent n'a toutefois rien à se reprocher puisque sa grand-mère était déjà comblée lorsqu'elle l'a vu s'inscrire au pointage en début de rencontre. «Il m'avait dit qu'il allait amasser un but ou un passe pour moi. Il vient donc de respecter sa promesse», s'est-elle réjouie.
Taupier, Yolande
Commentaire mis en ligne le 2 octobre 2008Serge Longpré vient de me dire que son épouse LISETTE LONGPRÉ est morte ce matin à 10:00 à la Maison Aube Lumière.