Gilles Bélanger a réussi son premier Triathlon Ironman à Lake Placid, le 20 juillet dernier. Quelques mois plus tôt, l'athlète de 50 ans était alité avec une quadruple fracture aux vertèbres.
De paralysé à homme de fer
Quelques mois après avoir frôlé la mort, Gilles Bélanger s'offre un triathlon Ironman
Le triathlète Gilles Bélanger a frôlé la mort, ou à tout le moins une paralysie complète, lors d'un accident de ski de fond en décembre dernier. Pourtant, quelques mois plus tard, il s'offrait un triathlon longue distance et même, un triathlon Ironman en juillet dernier.
Pour les profanes, précisons que le triathlon Ironman consiste en 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied. Le triathlon longue distance exige la moitié du trajet.
Il s'agit donc d'un grand exploit pour la majorité des athlètes. Et quand on le réalise peu de temps après avoir subi quatre fractures à la colonne vertébrale, on peut presque parler d'un miracle. «J'ai été très chanceux lors de mon accident (une chute à haute vitesse), car la moelle épinière n'a pas été sectionnée. J'aurais pu demeurer paralysé pour le restant de mes jours, ou même mourir de froid dans le bois», explique Gilles Bélanger.
«Heureusement, mon compagnon d'entraînement, Daniel Poirier, est allé rapidement chercher du secours et François-Xavier Regneault (du Parc du Mont-Orford) a très bien géré l'accident. Il a évité qu'on me bouge et c'est probablement ce qui a sauvé ma moelle épinière. Ça a tout de même pris huit heures pour me sortir de là et par la suite, j'ai passé un autre huit heures attaché sur une planche à l'hôpital de Fleurimont (CUSE) avant qu'on puisse me soigner», se remémore-t-il.
Un quinquagénaire délinquant
Malgré ses 50 ans, Gilles Bélanger n'a pas démontré beaucoup de «sagesse» dans sa guérison.
Alors qu'il devait rester inactif pendant trois mois, il a plutôt repris l'entraînement après seulement un mois de convalescence à la maison. «Je n'en pouvais plus de rester immobile et j'ai décidé de prendre mes raquettes et mes bâtons de marche et d'aller faire une petite randonnée. Ça m'a pris deux heures pour parcourir un kilomètre. Quelques semaines plus tard, je reprenais aussi la natation. J'ai fait le délinquant en cachette», reconnaît-il.
Délinquant, il l'a également été le 27 juillet dernier en prenant part au triathlon longue distance du Tri-Memphré, alors qu'il venait tout juste de réussir son premier Ironman une semaine plus tôt à Lake Placid. «Je me suis inscrit la veille, sans en parler à ma blonde. Quand j'ai vu le lac déchaîné le matin, je ne pouvais pas manquer ça. J'adore nager dans les vagues», explique-t-il.
«À ma sortie de l'eau, j'ai dit aux autres que j'allais faire la portion vélo, juste pour le plaisir de courir devant mes amis. J'ai fait de même avec la portion course à pied et j'ai finalement terminé au deuxième rang de mon groupe d'âge (50-54 ans), avec le même chrono que l'an dernier. Pourtant, j'ai beaucoup moins souffert cette année qu'en 2007», s'étonne-t-il.
Au cours des prochaines semaines, l'athlète du Canton de Stanstead va entamer sa préparation en vue des Championnats du monde de triathlon 2009, soit l'Ironman d'Hawaï. Pour ce faire, il devra préalablement obtenir sa qualification en Arizona, au mois de novembre.
Modeste comme la plupart de ses collègues sportifs, Gilles Bélanger se défend bien d'être un athlète exceptionnel, et ce, même s'il a dû perdre plus de 80 livres pour retrouver la forme il y a cinq ans. «Tant mieux si je peux donner l'exemple et inspirer les autres. Mais au départ, il y en a d'autres autour de moi qui m'ont inspiré», a-t-il laissé entendre.