Roberpierre Monnier désire faire un clin d'œil à l'artiste Félix Leclerc pour souligner le 20e anniversaire de sa mort. (photo: Vincent Cliche)
Clin d'œil à Félix Leclerc
L'artiste Roberpierre Monnier soulignera à sa façon le 20e anniversaire du décès de Félix Leclerc avec un concert à la Boîte à Billy, ce vendredi (8 août), à 20 h.
Il ne s'agit point d'un hommage, car le principal intéressé déteste ce mot. «Je vois plutôt ça comme un clin d'œil à toute son œuvre, lance Roberpierre Monnier.
En 1995, le poète de Sainte-Catherine-de-Hatley avait tenté la même expérience du côté du parc Lafontaine, à Montréal. «C'était un vaste et ambitieux projet, commente son instigateur. Deux ans auparavant, j'avais écrit une lettre à 150 connaissances et je leur avais demandé de me faire découvrir Félix à travers un passage de sa poésie, de son théâtre, de sa romance ou de ses chansons. Les réponses reçues m'ont quasi forcé à faire le tour de l'univers de Leclerc. J'ai ensuite greffé chacun des passages à une pièce. Des amis peintres ont même créé une œuvre inspirée des chansons pour agrémenter la scène. L'événement fut un grand succès.»
Chose certaine, le concert présenté à la Boîte à Billy sera moins élaboré que son prédécesseur. Toutefois, M. Monnier soutient qu'une atmosphère festive flottera toujours dans la petite boîte à chansons magogoise.
L'artiste présentera les pièces de Leclerc de façon chronologique. On y soufflera aussi quelques anecdotes. On apprendra d'ailleurs que le célèbre chanteur a été fustigé par les critiques à ses débuts. «Il aurait mieux valu que cet homme naisse sans bras et muet. Même écrit en bon français, l'ouvrage de cet écrivain désinvolte, morne et prétentieux ne serait qu'un os sans moelle, une pâte sans levain», a écrit le journaliste Victor Barbeau, en 1940.
Pour Roberpierre Monnier, la plus grande pièce de Félix Leclerc demeure sans contredit «Le tour de l'île». C'est d'ailleurs la dernière chanson qu'on entendra lors du concert. «Pour moi, c'est son testament, raconte-t-il. La nature de la musique, le choix des mots, on dirait qu'il revient au point de départ. On croit entendre une affirmation politique, mais le tout est bien enrobé. C'est quasi une symphonie.»