Vincent Bossé pose ici aux côtés du camion d'incendie qu'il utilise dans les exercices de ses fonctions au Congo.
Un pompier magogois enseigne son art au Congo
Depuis février dernier, le pompier magogois Vincent Bossé foule les terres de la République démocratique du Congo. Soutenu par l'Organisation des Nations unies (ONU), il a comme mission de former de nouveaux sapeurs sur le continent africain.
Vincent Bossé fait partie des cinq pompiers engagés pour diriger l'Unité anti-incendie de la Mission d'organisation des Nations unies pour le Congo (MONUC). Sa principale mission là-bas est de protéger les vies, les biens et les installations de l'ONU. De plus, il a la lourde tâche de former de nouveaux sapeurs. «Certains Congolais n'ont aucune notion du terme pompier. C'est un pays qui a été ravagé par la guerre, les conflits. Un service d'incendie ne faisait pas partie de leur priorité. On part de vraiment loin», laisse-t-il entendre.
En plus de s'occuper de la base de Kisangani (là où il demeure), il gère également les opérations des villages de Bunia, de Goma ainsi que de Bukavu. Dans chaque ville, il formera de huit à dix pompiers. «On leur enseigne le maniement des pompes. Bref, c'est un peu la même chose qu'on fait ici. On a de bons équipements et notre camion fonctionne très bien. Je ne peux pas dire que je suis jaloux du matériel qu'on a ici.»
M. Bossé fait également de la prévention auprès des employés de la MONUC. «On parle ici de manipulation des extincteurs. On veut limiter les dégâts à la source. Souvent, ce sont eux qui sont les premiers intervenants lorsqu'il arrive un désastre.»
Même si la mission peut sembler agréable à première vue (dépaysement, chaleur, découverte de nouvelles cultures), le pompier Bossé avoue que certains moments sont des plus intenses. «Il y a un mois, je me suis retrouvé en plein milieu d'une émeute. On nous avait appelés puisque les participants avaient commencé à allumer des feux. Mon camion a pratiquement été démoli. On nous lançait aussi des roches. Depuis cet incident, j'ai fait mettre du grillage antiémeute sur mon camion.»
Nul ne sait quand la Mission d'organisation des Nations unies pour le Congo se terminera, mais le but ultime demeure toujours le même. «Lors de notre départ, il faudra que les Congolais se débrouillent », mentionne Vincent Bossé.
Selon lui, l'Unité anti-incendie représente un projet pilote. «Si on arrive à d'excellents résultats, je pense qu'il sera pertinent d'implanter d'autres unités où l'ONU est représentée.»
Un rêve
Lorsqu'il était plus jeune, Vincent Bossé rêvait de devenir casque bleu. «Je me rappelle les avoir vus en action à la télévision dans le conflit en Bosnie», se souvient-il. Participer à une mission de maintien de la paix a toujours été pour lui un rêve.
Lorsqu'il a reçu l'appel de l'ONU pour participer à la MONUC, il n'en revenait tout simplement pas. Pour lui, prendre part à une telle mission ouvre les horizons. «Oui, il y a du monde qui souffre ici, mais, là-bas, c'est 80 %, 90 % de la population qui vit dans la pauvreté. La violence fait partie du quotidien des gens du Congo. Voir des enfants crever de faim est un fait auquel je ne m'habituerai jamais. Quand on met tout ça en perspective, je me dis qu'on est bien ici, au Canada.»
Celui qui croyait passer six mois au Congo vient tout juste de signer une extension de contrat. «C'est trop intéressant ce que je fais. C'est du concret que de mettre en place un service d'incendie. D'ailleurs, il faudra que je fasse un peu de recrutement au cours des prochaines semaines pour que le projet voie le jour dans mes quatre municipalités», mentionne celui qui est reparti au Congo le 23 juillet dernier.