C'est à l'intérieur de cette ancienne usine Olymel, mais avant les travaux de démolition, que Michaël Sévigny a perdu la vie. (photo archives: Dany Jacques)
Une mort évitable dans l'ancienne Olymel
Une méthode de travail dangereuse pour démolir des murs de l'ancienne usine Olymel figure notamment parmi les causes qui expliquent le décès d'un jeune travailleur à l'emploi de Décontamination IGR, de Sherbrooke.
Le 21 novembre dernier, Michaël Sévigny a été frappé à la tête par un bloc de béton alors qu'il procédait à des travaux d'enlèvement d'amiante dans cet ancien bâtiment de Magog. Pour éviter d'autres accidents semblables, la CSST demande aux employeurs de mettre en œuvre les mesures de prévention appropriées afin de prévenir toute chute de matériaux dans les zones accessibles aux travailleurs. En 2007, au Québec, 16 travailleurs de la construction ont perdu la vie par accident.
Le jour de l'accident, Michaël Sévigny effectue des travaux d'enlèvement d'amiante dans l'ancienne usine Olymel à Magog. Le journalier est frappé à la tête par un bloc de béton qui se détache d'un mur partiellement démoli. Le jeune travailleur est retrouvé mort le lendemain matin par des collègues. Les secours sont appelés et le décès est constaté sur les lieux de l'accident.
Mieux identifier les dangers
L'enquête a permis à la CSST d'identifier deux causes pour expliquer cet accident. D'une part, la méthode de travail utilisée pour démolir les murs est dangereuse, car des blocs de béton laissés en hauteur peuvent tomber à tout moment. D'autre part, l'identification des dangers, la planification et la mise en œuvre des moyens de prévention à la suite de la décision de démolir des murs sont déficientes.
Dès son arrivée sur les lieux, la CSST a arrêté les travaux d'enlèvement d'amiante jusqu'à ce que les lieux soient sécurisés. Les travaux ont repris le 11 décembre 2007 après qu'une procédure de travail approuvée par un ingénieur ait été mise en place.
La CSST considère que Décontamination IGR a agi de façon à compromettre la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d'infraction lui a été délivré. L'entreprise s'expose donc à une amende qui peut varier entre 5 000 $ et 20 000 $ pour une première offense et de 10 000 $ à 50 000 $ en cas de récidive.
Pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise, la CSST demande aux employeurs qui effectuent ce genre de travaux de s'assurer, lorsqu'il faut enlever des éléments architecturaux ou structuraux, de planifier et de mettre en œuvre les mesures de prévention appropriées afin de prévenir toute chute de matériaux dans les zones accessibles aux travailleurs. Ces mesures de prévention, ainsi que leurs modalités de mise en œuvre, doivent figurer au programme de prévention de l'employeur.