Une circulation accrue de camions à l'entrée de Waste Management inquiète les voisins du lac Lovering. (photo : Dany Jacques)
Sursis de 50 000 tonnes pour Waste Management
Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec autorise Waste Management à enfouir 50 000 tonnes métriques de matières résiduelles supplémentaires d'ici janvier 2009 à son lieu d'enfouissement sanitaire du secteur Canton, à Magog.
Cette nouvelle a surpris la Ville de Magog, la MRC de Memphrémagog et la Société de conservation du lac Lovering, qui n'avaient pas pris connaissance de cette autorisation datée du mois de janvier 2008.
Martin Dussault, le directeur des affaires publiques chez Waste Management, par contre, assure qu'il n'y a rien pour s'affoler et qu'il s'agit d'une procédure normale qui se produit à l'occasion dans d'autres lieux d'enfouissement (lire texte à la page 3). Même la direction régionale de l'Environnement rappelle que des situations similaires se sont produites dans les lieux d'enfouissement du Granit, du Haut-Saint-François et de Coaticook.
La MRC de Memphrémagog proteste contre cette façon de faire. Le préfet de la MRC, Roger Nicolet, blâme le ministère. «Nous n'avons reçu aucune information au préalable et nous n'avons jamais été impliqués dans cette décision. On avait pourtant été clair sur le fait qu'on souhaitait la fermeture de ce lieu d'enfouissement, pas des tonnes de déchets supplémentaires», s'indigne-t-il.
La Société de conservation du lac Lovering est l'instigatrice de ce branle-bas de combat. Selon sa présidente Patricia Tremblay, des voisins du lieu d'enfouissement ont constaté une augmentation du nombre de camions à proximité de la propriété de Waste Management. «Un voisin en aurait compté jusqu'à 64 en une seule journée, même si le site était presque fermé. 50 000 tonnes; c'est beaucoup», s'indigne Mme Tremblay.
Cette dernière ne comprend pas, non plus, ces agissements lorsque toute une communauté attend impatiemment le sort que réserve la ministre Line Beauchamp à ce lieu d'enfouissement. Le BAPE n'a pas émis de recommandations favorables au terme de son passage à l'été 2007, en marge du projet d'expansion à Magog, mais Québec tarde toujours à conclure le dossier. «Nous espérons une décision incessamment», lance M. Nicolet. Mme Tremblay craint de ne pas obtenir de réponse avec septembre.
Une résolution adoptée par la MRC de Memphrémagog, le 18 juin dernier, réclame au ministère de cesser le plus rapidement possible l'acheminement des matières résiduelles au lieu d'enfouissement de Magog. Les élus rappellent les motifs maintes fois évoqués par le passé concernant leurs craintes sur les risques de contamination des eaux souterraines et de surface associés au lieu d'enfouissement de Waste Management.
L'autorisation pour les 50 000 tonnes supplémentaires s'explique par le tassement des matières résiduelles dans certaines parcelles de l'aire d'enfouissement. «Afin de respecter les pentes minimales requises par la réglementation en respect des profils autorisés, nous avons autorisé en janvier dernier la réouverture d'une partie du secteur nord», lit-on dans une lettre datée du 12 juin.
Le ministère de l'Environnement estime à environ 50 transports par jour en supposant six mois d'opération en 2008.
Ces 50 000 tonnes représentent environ une année de déchets en provenance des 17 municipalités de la MRC de Memphrémagog.