Le président et directeur général de la Traversée internationale du lac Memphrémagog, Jean-Guy Gingras, se dit outré par l'octroi d'une subvention de 5000 $ pour l'événement, alors qu'on avait demandé 114 000 $. (photo: Vincent Cliche)
La Traversée reçoit un «maigre» 5000 $ du fédéral
Surprise, stupéfaction et mécontentement sont les principaux sentiments qui règnent dans les bureaux de la Traversée internationale du lac Memphrémagog ces jours-ci. L'annonce d'une subvention de 5000 $ de Patrimoine canadien, alors que l'organisation avait demandé 114 000 $, en est la principale cause.
Le président et directeur général de l'événement magogois, Jean-Guy Gingras, a reçu la décision de la ministre Josée Verner, le 6 juin dernier. «J'appelle ça du saupoudrage. C'est complètement ridicule. Ce ne sont même pas des "peanuts", ce sont les écailles qu'on reçoit», lance-t-il en se vidant le cœur.
Le dossier préparé par l'équipe de la Traversée, et qui a été envoyé à Patrimoine canadien, en décembre dernier, prévoyait des dépenses de 114 000 $ au plan culturel local. «On parle ici des différentes tentes, de la sonorisation, du plancher, des feux d'artifices, des groupes locaux et de l'Agora des artistes, note M. Gingras. Si on prend le budget total de l'aspect culturel, on parle de 266 000 $, ce qui comprend une partie du grand chapiteau (puisqu'il est partagé entre les grands noms et les artistes locaux) et les chanteurs connus.»
Bien évidemment, l'organisation de la Traversée ne s'attendait pas à obtenir la totalité du montant demandé. «On pensait avoir entre 60 000 et 70 000 $. Là, j'aurais été heureux. À 30 000 $, j'aurais même gardé le sourire. Mais là, 5000 $, c'est inacceptable.»
Répercussions
La mauvaise nouvelle aura-t-elle un impact sur la présentation de la 30e Traversée internationale du lac Memphrémagog, du 25 juillet au 3 août prochain? Jean-Guy Gingras assure que les répercussions seront minimes pour cette année, mais qu'elles seront peut-être plus majeures pour les prochaines années.
Côté spectacles, les contrats sont tous signés avec les artistes. «Il faut les respecter», assure M. Gingras.
L'organisation de la Traversée désirait entreprendre un virage vert cette année, mais celui-ci sera moindre. «On voulait enclencher les premiers engrenages de ce virage, car, de plus en plus, nos partenaires recherchent à financer des activités qui ont une conscience environnementale», explique Jean-Guy Gingras.
Il est encore trop tôt pour prévoir les impacts futurs.
Jean-Guy Gingras se questionne également sur le principe d'attribution des subventions. «J'aimerais bien savoir sur quoi le gouvernement s'est basé pour nous attribuer 5000 $. On a reçu une simple lettre de trois paragraphes. Ils devraient mieux faire leurs devoirs.»
Les dossiers pour les subventions pour la prochaine présentation de la Traversée doivent être déposés d'ici septembre, une autre aberration selon l'organisation de l'événement. «Comment se préparer alors qu'on viendra à peine de tourner la page?», se questionne Jean-Guy Gingras.