Steven Guilbeault, un membre du sous-comité d'analyse environnementale et aménagement du Comité de relance du Mont-Orford, en compagnie du biologiste Richard Cooke. (photo : Dany Jacques)
2 millions $ pour restaurer la montagne en 2008
Divers travaux de réhabilitation s'amorceront d'ici les prochains mois
Québec consacrera deux millions de dollars pour la réhabilitation du Mont-Orford au cours des prochains mois.
Le Comité de relance du Mont-Orford a précisé la nature du vaste chantier lors d'une réunion technique du sous-comité d'analyse environnementale et aménagement, lundi matin (le 9 juin).
Selon le chargé de projets au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Richard Cooke, le plan de restauration comprend le contrôle de l'érosion, la diminution des atteintes à la végétation, la gestion de l'eau ainsi que la naturalisation de la zone dynamitée au sommet du mont Giroux.
M. Cooke estime que la cicatrice au mont Giroux, laissée par le dynamitage de 36 500 mètres cubes de pierres au milieu des années 1980, représente la pièce maîtresse du casse-tête. Cet ancien directeur du parc Orford croit possible la remise en végétation de cet aspect lunaire, qui gagne du terrain année après année. «Ça représente un lourd héritage, sans faire de vilain jeu de mots, malgré une tentative de réhabilitation qui a été malheureusement trop partielle à l'époque», signale-t-il.
M. Cooke pense que l'utilisation d'un concasseur portatif, un appareil utilisé en Europe, mais peu disponible en Amérique du Nord, pourrait faire le travail pour réduire cet espace sans végétation. «Il faut d'abord résoudre les problèmes au sommet avant de travailler à la base», prévient-il.
Le contrôle de l'érosion représente un autre gros morceau. Les travaux seront principalement concentrés sur la route de 4 km menant au sommet. Toujours selon M. Cooke, cet accès construit en 1954 a été négligé sur le plan du ruissellement des eaux. Des barres d'eau ainsi que des voies d'évacuation seront aménagées ou améliorées afin de limiter la migration du gravier vers la forêt.
L'érosion au ruisseau Castle sera aussi étroitement surveillée afin de freiner l'apport des sédiments dans ce cours d'eau qui se jette dans le lac Memphrémagog. «Il existe des bancs de gravier dans le ruisseau Castle; on ne peut pas se permettre de laisser perdurer cette situation. D'ailleurs, au pied du mont Giroux, des tranches de 20 centimètres d'argile y disparaissent annuellement vers le Castle», constate-t-il.
Le Comité de relance du Mont-Orford confiera aussi bientôt un mandat pour réduire les atteintes à la végétation, principalement causées par l'enneigement artificiel. Selon les spécialistes du ministère, les gouttelettes éjectées des canons abîment les arbres en brisant les branches ou en leur donnant des maladies. «Sans intervention, les écosystèmes seront détériorés et on passera à côté de notre mission de conservation», dit-il.
D'autres spécialistes analysent aussi la possibilité de hausser le niveau de l'eau de l'étang aux Cerises pour satisfaire les besoins en eau du gestionnaire du domaine skiable. La réfection des barrages de ce petit plan permettrait de créer un bassin d'environ 300 000 mètres cubes nécessaires à la fabrication de la neige artificielle.
Richard Cooke assure qu'une bande maximale de cinq à six mètres inondée seulement un mois par année causerait moins de dommage qu'une baisse de 20 centimètres du niveau de l'eau, comme c'est actuellement le cas.
Le président du Conseil régional en environnement de l'Estrie, Jean-Guy Dépôt, met cependant un bémol sur le niveau élevé de l'étang aux Cerises. «On créera un problème en éliminant un autre, et ce, pour satisfaire à grands frais une future entreprise localisée à l'extérieur du parc Orford», déplore-t-il.
Tel que prévu par la loi 23, trois autres millions de dollars seront consacrés pour des travaux similaires au cours des trois prochaines années.