Coalition contre la contrebande du tabac en Estrie
Une coalition régionale voit le jour pour presser le gouvernement d’agir contre la recrudescence de la contrebande de tabac en Estrie
La Coalition Estrie de lutte au tabac de contrebande peste contre la contrebande de tabac, qui est devenue un fléau en Estrie depuis quelques années. Selon ses dirigeants, ce lucratif marché noir profite aux groupes criminels, encourage le tabagisme chez les jeunes et accule les dépanneurs à la faillite.
Initiée par l’Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA), la Coalition entend recruter le maximum d’organismes et de groupes avec des marchands locaux, le Service de police de Sherbrooke ainsi que la Chambre de commerce de Sherbrooke.
Son objectif : inciter les gouvernements à se mobiliser et à agir pour régler le dossier, comme en 1994. « Depuis 2001, la contrebande de tabac est passée du stade artisanal à industriel. Avec plus de 40 % du marché, les criminels s’en mettent plein les poches. Et tandis que les cours d’école se transforment en marché de contrebande, les commerçants honnêtes font face à la faillite. Pourtant, les solutions existent : seul le leadership politique fait défaut. MM. Harper et Charest : prenez vos responsabilités et agissez! », déclare Michel Gadbois, vice-président principal ACDA-AQDA et leader du mouvement de révolte des dépanneurs en 1994.
Pour frapper l’imagination du public, les dépanneurs entameront la semaine prochaine une vaste campagne de sensibilisation en magasin partout à travers le Canada. Des affiches, affichettes et feuillets inciteront le public à faire pression sur leurs politiciens pour mettre fin à la contrebande.
Compte tenu de l’achalandage élevé du public dans les dépanneurs – 2,2 millions de personnes par jour les fréquentent au Québec – c’est toute la population au complet qui verra la campagne au moins deux fois par semaine. « En Estrie, on peut facilement se procurer une cartouche de cigarettes à 10 $ alors que le prix légal est d’environ 65 $. À cinq sous la cigarette, autant dire que fumer est gratuit, déplore M. Gadbois. À elle seule, la contrebande vient saper tous les efforts investis à prévenir le tabagisme chez les jeunes.»