Yves Grandmaison a accueilli une quatrième génération de Bergeron, le 5 mai dernier, avec la coupe de cheveux du petit Louis-Pierre, deux ans. Celui-ci est accompagné par son grand-père Serge Bergeron et son père Daniel Bergeron. L'arrière-grand-père, Rosario Bergeron, aujourd'hui décédé, était aussi un fidèle du barbier de la rue Principale Ouest. (photo: Patrick Trudeau)
Pas question de retraite pour le barbier
Plusieurs d'entre vous serez sans doute surpris d'apprendre que le barbier Yves Grandmaison fêtera son 65e anniversaire de naissance le 29 octobre prochain. Ce qui est moins surprenant toutefois, c'est que le mot retraite ne fasse pas encore partie de son vocabulaire.
Ce spécialiste du ciseau et de la prothèse capillaire exerce son métier à Magog depuis 43 ans. Au cours de cette période, il s'est aussi grandement fait connaître par son implication communautaire.
Dans un cas comme dans l'autre, il promet de ralentir, mais pas d'arrêter. «Je vais tomber à trois jours/semaine à mes 65 ans, mais je ne veux surtout pas arrêter. Du moins, tant que j'aurai la santé. Et étant donné que nous sommes à notre compte, nous n'avons pas un gros fond de pension», lance-t-il en riant.
«Mon travail me permet aussi de rencontrer plusieurs personnes qui sont liées à mes implications bénévoles. C'est très facile pour les gens de me rejoindre et c'est un gros avantage de pouvoir le faire à toute heure du jour», plaide-t-il.
Ce natif de la région de Kamouraska est l'une des personnalités les plus connues à Magog. Ses implications ne se comptent plus, tellement elles sont nombreuses. Il a même fait une tentative à la mairie de Magog en 1990, mais sans succès. Il y a quelques mois, il a laissé entendre qu'il délaisserait la plupart de ses engagements, mais on peut en douter. Tout récemment, on l'a vu se faire élire au sein du comité des usagers du Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog, et il occupe toujours la présidence de la Fondation Constance-Langlois.
L'implication communautaire d'Yves Grandmaison a également inspiré d'autres citoyens. L'ex-Magogois Daniel Bergeron, maintenant à la tête de l'entreprise Quatorze Communications, est l'un de ceux-là. «Yves m'a transmis son amour pour le bénévolat et il m'a permis de faire mes premiers contacts avec des personnes handicapées. Quand on est un enfant, on est toujours un peu intrigué par quelqu'un qui est différent et il a facilité mon approche», raconte M. Bergeron, qui s'est lui-même impliqué dans plusieurs projets au fil des ans.
En plus d'admirer l'engagement social de M. Grandmaison, Daniel Bergeron s'est toujours fait un devoir de visiter le barbier de la rue Principale Ouest pour ses coupes de cheveux, comme l'ont fait avant lui son père Serge, 60 ans, et son grand-père Rosario, aujourd'hui décédé.
Et signe que les années passent, c'est une quatrième génération de Bergeron qui est passée sous les ciseaux d'Yves Grandmaison le 5 mai dernier, un test que le petit Louis-Pierre, 2 ans, a réussi avec succès. «Quand j'étais enfant, mon plus beau souvenir ici était le plat de bonbons «Mojo». C'est ça qu'on attendait après la coupe de cheveux», se remémore Daniel Bergeron, aujourd'hui âgé de 37 ans.