Mylène Brassard et Carl Marquis sont particulièrement fiers de leur nouvelle résidence du Canton de Stanstead, construite avec un amalgame de matériaux neufs et recyclés. (photo: Patrick Trudeau)
Rénover sa maison en recyclant une vieille grange
Tout un défi relevé par Carl Marquis et Mylène Brassard
Carl Marquis et sa conjointe Mylène Brassard ont la fibre environnementale particulièrement développée. Et c'est d'ailleurs pour respecter leurs convictions qu'ils ont choisi de recycler les matériaux d'une vieille grange afin de rénover leur demeure du secteur Fitch Bay.
Trois ans plus tard, leur modeste chalet de 720 pieds carrés sur dalle de béton s'est transformé en une imposante résidence de deux étages (2400 pieds carrés au total), avec sous-sol. Le bois récupéré a servi à certaines fondations intérieures, au parement extérieur et à la construction d'un abri pour voitures.
Un attelage pour cheval de travail a également été transformé en luminaire. «Quand tu as un budget limité, tu fais preuve d'ingéniosité», lance Mylène Brassard, propriétaire de la boutique Les Secrets de Ménagère (rue Wellington, à Sherbrooke).
Le jeune couple dans la trentaine a participé activement aux travaux et ce, même si Carl est confiné à un fauteuil roulant. «J'aime beaucoup faire du travail manuel. C'est sûr que je ne touche pas à ce qui est en hauteur, mais quand c'est à ma portée, je peux faire à peu près n'importe quoi», lance celui qui s'est fait connaître comme athlète handisport.
«C'est d'ailleurs pour avoir un coin de travail bien à moi et un espace pour m'entraîner que nous avons aménagé un sous-sol», ajoute M. Marquis.
Mauvaises surprises et fracture
Comme tout projet de rénovation qui se respecte, celui du couple Marquis-Brassard a réservé son lot de mauvaises surprises… et de coûts supplémentaires. Dès le départ, l'opération recyclage s'est avérée laborieuse. «On avait offert au propriétaire de la grange (sur le chemin Fitch Bay) de prendre gratuitement son bois et, en échange, on remettait ça propre. Mais on ne savait vraiment pas dans quoi on s'embarquait. Ce n'était vraiment pas facile d'enlever tous les débris et de remettre ça à l'état naturel», lance Mylène Brassard en riant.
Aussi, Carl a été victime d'un accident de travail l'automne dernier en recevant un madrier sur la cuisse, ce qui lui a occasionné une fracture de la jambe. «C'était juste une malchance. On m'a rapidement opéré et on m'a inséré une tige dans la jambe. Trois jours plus tard, j'étais de retour à l'entraînement sur mes rouleaux», explique-t-il, comme si de rien n'était.
Parce qu'ils ont effectué eux-mêmes plusieurs travaux, Carl et Mylène ont pu économiser sur plusieurs aspects, ce qui ne les a toutefois pas empêchés de «défoncer le budget». Toute cette entreprise a également servi à vérifier la solidité de leur couple. «Il y a bien des gens qui nous disaient qu'on ne passerait pas au travers, et que notre couple allait éclater. Au contraire, nous n'avons pas eu de grosses chicanes, mais plusieurs argumentations sur de petits points. On se serait vraiment cru dans l'émission Ma Maison Rona», a conclu Carl Marquis.