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Je traduis des poèmes, je compose les miens

Vincent Cliche par Vincent Cliche
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Article mis en ligne le 5 avril 2008 à 4:14
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Je traduis des poèmes, je compose les miens
Dans «Poèmes du traducteur», le poète magogois Michel Garneau écrit des poèmes en réponse à ceux de Leonard Cohen qu'il a traduits. (photo: Vincent Cliche)
Je traduis des poèmes, je compose les miens
L'an dernier, Michel Garneau a traduit des dizaines de poèmes du légendaire Leonard Cohen, qui se retrouvent à l'intérieur du «Livre du constant désir». Pour chaque traduction, l'auteur magogois s'est lancé le défi d'écrire un poème. Récemment, il a publié le résultat de ce petit marché qu'il a conclu avec lui-même.
«Poèmes du traducteur» est en fait la réponse de M. Garneau aux textes de Cohen. En agissant de la sorte, l'auteur, qui réside maintenant à Magog, a mené de front deux recueils. À sa grande surprise, l'expérience a été à la fois enrichissante et plus facile. «Quand je traduis, je ressens parfois de la mauvaise humeur. J'ai l'impression que ça me vole des poèmes. Le petit "deal" que je me suis fait a mis du piquant et mes journées d'écriture se sont résumées à la renaissance des poèmes de Cohen en québécois international et à la naissance de mes nouveaux poèmes.»

Bien sûr, les deux hommes se connaissent. C'est même Leonard Cohen, qu'on a récemment introduit au Temple de la renommée du Rock n' Roll, qui a demandé à Michel Garneau de traduire ses poèmes. «Au début, j'avais dit non, car la traduction est parfois un véritable casse-tête. Mais, Leonard m'a appelé et m'a demandé de le faire pour le Québec. Disons qu'il m'a eu, car la culture québécoise, c'est quelque chose de profondément important pour moi.»

Les réponses à Cohen sont parfois bien drôles. Dans l'un de ses poèmes, l'Américain raconte un peu l'état de santé de son maître zen, en disant que «les pruneaux travaillent bien». Michel Garneau, lui, écrit sur un grand sage tibétain qui prend une gorgée de Pepto Bismol. «J'avais vu ça dans un magazine, se rappelle-t-il. Cohen et moi avons un rapport dialectique. Je ne crois pas beaucoup en Dieu, tandis que lui, c'est tout le contraire. La prétention à la sainteté, je trouve ça bien drôle, alors j'ai décidé d'ajouter un peu d'humour en réponse à son poème.»

Depuis qu'il écrit, le poète magogois n'a que des projets d'écriture en tête. Il travaille d'ailleurs depuis quelques années sur un recueil qui rendra hommage aux formes poétiques dites plus traditionnelles. Il travaille aussi à l'adaptation théâtrale des Voyages de Gulliver. Il désire en faire un spectacle pour enfants, avec l'aide du Petit théâtre de Sherbrooke.

Chose certaine, il attend toujours de travailler bien confortablement à l'intérieur de son bureau. «J'ai toujours eu un bureau depuis l'âge de 17 ans. Là, je ne l'ai plus depuis juillet, alors j'ai hâte de le retrouver», dit-il pour expliquer les rénovations portées à son domicile.

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