Yves Grandmaison a déposé une pétition de 5000 signatures pour contrer le projet de réaménagement de la chapelle de l'hôpital. Le président et la directrice générale du CSSSM, Jacques Juby et Monique Corbeil (à gauche), ont reçu le document. (photo: Vincent Cliche)
Chapelle de l'hôpital: le conseil reste sur sa décision
Malgré une séance mouvementée tenue le 11 mars dernier, le conseil d'administration du Centre de santé et de services sociaux Memphrémagog (CSSSM) précise que sa décision de réaménager les deux tiers de la chapelle de l'hôpital en espaces de bureau demeure irrévocable.
Environ 70 personnes ont assisté à cette réunion. La majorité d'entre elles ont voulu démontrer leur mécontentement face au projet. Yves Grandmaison, farouche défenseur de l'intégrité de la chapelle, est venu ajouter à cette opposition. En fait, il a déposé une pétition de 5000 noms. «Ce sont tous des gens de la région qui s'opposent à ce qu'on touche à la chapelle de l'hôpital», a-t-il souligné.
Juste avant de poser ce geste, M. Grandmaison a laissé entendre sa façon de penser aux administrateurs du Centre de santé. «C'est un flagrant manque de vision et, surtout, de respect envers les bâtisseurs de notre société. Vous allez augmenter le nombre de lits au foyer et vous rapetissez la chapelle. Vous savez, les bénéficiaires du foyer vont souvent à la chapelle, alors je ne vois pas la logique là-dedans.»
Autres commentaires
Présent à cette houleuse assemblée, Yvon Bélair s'insurge de la décision des administrateurs de l'hôpital. «La chapelle, c'est comme une ambassade. On ne touche pas à ça», s'est-il exclamé.
Le président du conseil, Jacques Juby, a fait un bref historique de la chapelle en notant que ce lieu a été cédé à la Corporation d'hébergement du Québec. «Ce n'est pas un lieu de patrimoine», a-t-il ajouté.
De son côté, Annette Dufour a peur de voir ce qui s'est passé à Rivière-du-Loup se répéter à Magog. «Là-bas aussi, on a voulu rapetisser la chapelle. Maintenant, ce lieu de prière contient six places et, souvent, on se recueille dans un corridor étroit. Ce n'est pas invitant pour prier.»
Raymonde Blais donne de son temps pour aider quelques bénéficiaires à se rendre à la chapelle. «J'accompagne une dame qui a des problèmes cognitifs. Elle sait malgré tout se recueillir. Elle demeure dans une petite chambre, et là, vous voulez lui donner une petite boîte à sardines pour prier. C'est manquer de respect.»
Lorsqu'elle faisait signer la pétition, Mme Blais a entendu bien des commentaires. «Certains m'ont dit qu'ils n'allaient plus contribuer aux campagnes de la Fondation de l'hôpital si on touchait à la chapelle», fait-elle remarquer.
Émue, Jessica Poulin est venue livrer son témoignage au conseil d'administration. «J'ai 23 ans et j'ai la foi. Je viens chercher une paix, ici. Ça me bouleverse qu'on veuille transformer ce lieu en des espaces à bureaux. La chapelle est importante pour moi.»
Ardents défenseurs
Malgré toute l'opposition qui se dressait devant eux, le président et la directrice générale du CSSSM, Jacques Juby et Monique Corbeil, ont répété que la décision du conseil était irrévocable. Ils ont aussi défendu ardemment leur projet. «La chapelle pourra accueillir au moins 30 personnes et des gens en fauteuil roulant. L'espace pourra être agrandi les fins de semaine grâce à des murs amovibles», souligne Mme Corbeil.
Pierre Désautels, qui est le président du Comité des usagers de l'établissement, comprend bien la position du conseil et l'appuie. Il a d'ailleurs été le seul à se prononcer en faveur du projet lors de la séance du 11 mars. «Aujourd'hui, un hôpital, c'est un centre de santé et de services sociaux. Ces derniers sont appelés à se multiplier. Le personnel aura besoin d'espaces physiques pour travailler et c'est ce qu'on propose avec le réaménagement de la chapelle. Il ne faut pas non plus prendre ce lieu de prière pour une quatrième paroisse.»
Quelques minutes après la fin de la période de questions réservée au public, Yves Grandmaison s'est montré très déçu. «Je déplore qu'on n'ait pas entendu les opinions du conseil d'administration. Seuls M. Juby et Mme Corbeil se sont prononcés.»
Il compte mobiliser les forces et travaille à obtenir une injonction pour stopper les travaux. Il désire également que le député provincial, Pierre Reid, se mouille.