Les boissons énergisantes gagnent en popularité chez les jeunes, mais représentent-elles un risque pour la santé? La directrice de Zone libre Memphrémagog croit que oui. (photo: Vincent Cliche)
Attention aux boissons énergisantes!
La directrice générale de Zone libre Memphrémagog, Diane Campagnat, met en garde la population contre un usage excessif des boissons énergisantes.
Le phénomène des boissons énergisantes est plutôt nouveau, souligne Mme Campagnat. «C'est une situation en émergence. Notre organisme s'est penché sur la question l'automne dernier, car nos membres et la population en général se questionnaient. Le facteur de risques relié à la consommation de ces boissons a fait surface.»
Tout d'abord, la directrice générale de l'organisme en prévention de toxicomanie établit une grande différence entre les boissons énergisantes et énergétiques. Les premières apportent une énergie instantanée en utilisant, entre autres, un mélange de différentes sources de sucre et de caféine. Les boissons énergétiques (Gatorade, Powerade, etc.) visent plutôt à réhydrater l'organisme après une activité physique intense.
Risques pour la santé
Diane Campagnat admet qu'une consommation de boissons énergisantes est discutable. «J'observe les comportements des jeunes et certains d'entre eux prennent ces boissons, comme la "Red Bull" pour déjeuner. Ils croient être "boostés" pour la journée, mais, au contraire, ils sont seulement remplis de sucres. Ils auront une carence alimentaire. Les boissons énergisantes ne sont pas recommandées dans le cadre d'une saine alimentation.»
Dans toutes les circonstances, Mme Campagnat recommande de bien lire les recommandations du fabricant. «On précise souvent qu'une à deux consommations par jour suffisent », dit-elle.
Un mélange explosif et dangereux
Spécialiste dans le domaine de la prévention en toxicomanie, Diane Campagnat s'intéresse plus particulièrement au mélange des boissons énergisantes avec l'alcool. Selon elle, l'union des deux liquides tend vers des comportements à risques.
La directrice générale de Zone libre prend comme exemple une personne qui a jumelé les deux consommations et qui désire conduire son véhicule. «L'interaction de l'alcool et de la boisson énergisante accentue les effets excitants de l'alcool et en diminue les effets dépressifs. La perception du buveur devient donc faussée par rapport à son état réel d'ébriété. La personne intoxiquée pourrait se sentir capable de conduire sa voiture malgré une mauvaise coordination motrice et une perception visuelle déficiente.»
La même situation peut s'appliquer aux comportements sexuels, pense Mme Campagnat.
Cette dernière termine en rappelant que ces boissons ne sont pas des produits alimentaires. «Il est important de développer une certaine vigilance et de s'en tenir à la dose indiquée sur l'étiquette. Il faut surtout éviter le mélange de ces boissons avec l'alcool», conclut-elle.