Des acteurs de différents milieux ont mis la main à la pâte pour créer le projet d'alternative à la suspension à La Ruche. Parmi ceux-ci, on retrouve le directeur de La Ruche, Pierre Thériault, le président de la Caisse Desjardins du Lac-Memphrémagog, Michel Turcotte, le directeur de la Corporation jeunesse Memphrémagog, François Poirier, et l'initiateur du projet, Noël Beaupré. (photo: Vincent Cliche)
Réinvention de la suspension à La Ruche
Fini le temps où les élèves restent à la maison pour purger une suspension. L'école secondaire de La Ruche, avec la collaboration de ses nombreux partenaires, propose une alternative à ce modèle punitif.
Le programme «Je m'engage… on ne lâche pas!» permettra à l'étudiant suspendu d'être encadré dans des activités de rattrapage scolaire et de loisirs ainsi que de faire du bénévolat dans des organismes communautaires de la région. Il s'agit d'une option volontaire pour un jeune suspendu à répétition.
L'initiateur de ce projet est l'animateur de vie spirituelle et d'enseignement communautaire à la Commission scolaire des Sommets, Noël Beaupré. Selon lui, l'élève a besoin d'être encadré dans une telle situation. «La suspension telle qu'on la connaît peut avoir un effet pervers et contaminant sur l'étudiant, pense-t-il. Quand il est à la maison, il peut aller rejoindre ses "chums" et faire ce qu'il veut. L'élève peut prendre un certain plaisir à être suspendu et, en fin de compte, ça peut mener vers le décrochage scolaire.»
Le directeur de La Ruche, Pierre Thériault, cible plusieurs objectifs avec cette initiative à la suspension, notamment la poursuite de la scolarisation. «Si l'élève n'est pas encadré en période de suspension, il revient souvent avec un retard scolaire, précise M. Thériault. C'est démotivant pour lui. Dans le nouveau programme, il sera encadré avec un intervenant. Il sera dans un endroit autre que l'école, plus calme, et propice aux échanges. Ce sera facile pour lui de s'ouvrir et de partager avec l'intervenant sur ce qui l'a mené jusqu'à la suspension.»
Directeur à la Corporation jeunesse Memphrémagog, François Poirier croit à l'impact positif d'un tel projet. Il pense que le programme abaissera les risques de délinquance et de décrochage scolaire.
Certains élèves présents à la conférence de presse ont bien apprécié l'aspect encadrement du projet. «Ces étudiants ont souvent besoin de se confier, explique Audrey Roy. On n'a pas nécessairement besoin d'un père ou d'une mère autoritaire, mais plutôt d'un ami.»
De nombreux partenaires
Des partenaires s'associent afin de mettre sur pied un tel projet. Notons la participation de l'école secondaire de La Ruche, du Carrefour jeunesse emploi, de la Corporation jeunesse Memphrémagog et de la Maison de la famille Memphrémagog.
Au niveau financier, la Caisse Desjardins du Lac-Memphrémagog a injecté 50 000 $ à l'intérieur du projet à l'alternative à la suspension. «On voulait rendre le projet réalisable, soutient le président de l'institution financière, Michel Turcotte. Il répondait à un besoin pressant, soit celui de la formation et du raccrochage scolaire. La Caisse et ses membres ont voulu être une locomotive pour ce projet.»