La journaliste et écrivaine Ariane Émond a participé à l'élaboration de la programmation des 5e Correspondances d'Eastman, qui se sont déroulées du 2 au 5 août dernier, ainsi qu'à l'animation de deux cafés-littéraires. (photo: Vincent Cliche)
Profession d'un jour: animatrice de café littéraire
Les Correspondances d'Eastman sont ponctuées de nombreuses activités, dont les fameux cafés-littéraires auxquels prennent part des auteurs. Pour tenter de diriger ces conversations, un animateur est assigné. Pour deux de ces rencontres, la journaliste et auteure Ariane Émond a joué le jeu du maître de cérémonie.
Au courant des dernières années, Ariane Émond a animé de nombreux débats publics, la rendant plus que capable de relever la tâche qui lui a été confiée par l'équipe des Correspondances. «J'en ai fait une sorte de spécialité», rétorque-t-elle.
Avant d'entrer en scène, Mme Émond se fait un devoir de lire au moins deux ou trois œuvres de chacun des participants au café-littéraire. «Ça demande un gros travail de préparation», ajoute-t-elle.
Pour «La mémoire revue et corrigée» et «Je me souviens? Pas toujours!», la journaliste qui a signé de nombreux articles à l'intérieur de la publication La vie en rose a essayé de trouver un fil conducteur qui lie les intervenants au public. «C'est important que les gens présents se sentent interpellés. Il faut aussi créer une atmosphère particulière et s'assurer que tous soient bien compris et qu'on saisisse bien leurs propos.»
Selon Ariane Émond, l'événement préféré des épistoliers fait un meilleur boulot de promotion que les salons du livre. «On ne demande pas aux auteurs d'être une bête de cirque ni de prétendre d'avoir une opinion sur tout, explique-t-elle. Ici, on leur demande de poser une réflexion sur le chemin qu'ils ont pris pour en arriver à une œuvre littéraire. Il y a environ 200 personnes qui y assistent et toutes ces personnes sont des passionnés de lecture. On va à la rencontre de ce qui nourrit l'imagination des écrivains.»
C'est dans un cadre convivial où les auteurs ont beaucoup d'esprit et ont fait preuve d'humour que se sont déroulés les deux cafés-littéraires qu'Ariane Émond avait à animer. En faisant une comparaison avec son travail et cette activité, la journaliste admet que, de plus en plus, les auteurs doivent sortir de l'ombre. «À la base, nous sommes des travailleurs du silence. Comme il y a peu de gens qui font des critiques littéraires, on demande aux auteurs de venir commenter leur ouvrage. Ça prend un esprit en marche.»