Les patrouilleurs du MCI, Emmanuelle Dansereault et Patrick Crête-Lapointe, en compagnie de la présidente de ce groupe environnemental, Gisèle Lacasse Benoit. (photo : Dany Jacques)
Le MCI réclame plus de dents pour lutter contre les cyanobactéries
Le groupe Memphrémagog Conservation inc. applaudit les efforts croissants des municipalités pour freiner la prolifération des cyanobactéries, mais souhaite plus de mordant dans la réglementation dès 2008.
La présidente Gisèle Lacasse Benoit félicite les municipalités, comme Eastman, Canton d'Orford et Ogden qui prennent le taureau par les cornes en accordant des budgets pour le reboisement et en serrant la vis aux contrevenants. «Imposer une bande de protection de trois mètres, c'est un bon début, mais il faut atteindre une zone tampon minimale de dix mètres», recommande Mme Benoît.
Les fosses septiques et champs d'épuration déficients autour du lac Memphrémagog irritent le MCI, d'autant plus que ce groupe a été formé en 1967 pour forcer la main au gouvernement à adopter une réglementation plus serrée à ce sujet.
Les actions ont réussi à l'époque, mais Mme Lacasse Benoit n'accepte pas que des gens se baignent ou boivent de l'eau dans un lac affecté par des équipements inadéquats. «Il faut forcer les propriétaires à se conformer, mais pas seulement les riverains des lacs, mais aussi ceux qui habitent sur les rives des autres cours d'eau. Les Municipalités doivent aussi tenir compte de la capacité de payer des contribuables. Il est faux de penser qu'il n'y a que des riches autour des lacs. Les gens moins aisés financièrement devraient pouvoir bénéficier d'un fonds d'aide ou de la possibilité d'échelonner les paiements, car ce n'est pas toujours facile de payer une facture pouvant atteindre 10 000 $ pour corriger une fosse septique», suggère Mme Benoit.
En ce qui concerne le plan québécois contre les cyanobactéries, le MCI souligne les premières actions du gouvernement, mais souhaite que des mesures de préventions soient davantage mises de l'avant. «Québec met des millions en aval pour améliorer le rendement des usines d'épuration, mais il ne met rien en amont pour réduire l'apport en phosphore. Il faut identifier correctement la source pour mieux agir», lance-t-elle.
Le MCI cible aussi la déforestation liée à l'urbanisation comme l'un des éléments contribuant à accélérer le vieillissement du lac Memphrémagog. «La pression immobilière et la construction représentent un grave problème, ce qui contribue à la sédimentation croissante et à un apport accru de phosphore au lac Memphrémagog», indique la présidente de cet organisme qui vient de célébrer ses 40 années d'existence.
Mme Lacasse Benoit recommande une grande vigilance, car elle constate à chaque année des infractions aux règlements environnementaux, comme l'abattage massif des arbres pour construire une résidence en bordure du lac Memphrémagog.
Mme Lacasse voit cependant la lumière au bout du tunnel avec la création d'une organisation similaire au MCI du côté du Vermont. Le «Memphrémagog Watershed Association» a été créé par Susan Watson, de Newport, pour développer un meilleur partenariat entre les deux pays, d'autant plus que près de 75 % du bassin versant du lac Memphrémagog se trouve au Vermont.
Mme Benoit invite maintenant les autorités memphrémagogoises à créer un comité de gestion du lac Memphrémagog, calqué sur le modèle du parc régional du lac Massawippi. Elle souhaite ainsi y aborder toutes les problématiques du plan d'eau en compagnie de tous les acteurs associés de prêt ou de loin au lac, comme les élus, les usagers, les associations de riverains, les propriétaires de marinas, etc.
De plus, le MCI invite la population en général à s'informer sur le phénomène des cyanobactéries à l'une ou l'autre des deux conférences présentées par Camille Rivard-Sirois, biologiste au RAPPEL. Les rencontres se dérouleront au Murray Memorial Hall de Georgeville (23 juin à 13 h 30) et à l'hôtel de ville d'Austin (30 juin à 9 h 30).