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Un défi colossal attend le chef Stéphane Dion et le Parti libéral

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 septembre 2008 à 23:00
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OTTAWA - En pleine course au leadership libéral, en 2006, Stéphane Dion en laissait plus d'un pantois face à la conviction qu'il affichait. Partout, il répétait qu'il allait être le prochain chef du Parti libéral du Canada (PLC). On me sous-estime toujours, résumait-il, au lendemain de sa victoire.
M. Dion doit espérer pouvoir en dire autant le soir du scrutin. Mais cette fois, le défi est colossal.
Vingt mois après son arrivée à la tête des libéraux, le chef de l'opposition officielle n'a pas vraiment pris son envol, même devant un gouvernement conservateur qui stagne dans les intentions de vote des électeurs.
Au Québec, son image est fixée dans la bataille sur l'unité nationale. Même auprès des militants libéraux, il ne convainc pas. En fait, l'homme de 52 ans peine à s'imposer, et il doit aussi composer avec les résidus du scandale des commandites, qui n'a pas totalement disparu de la mémoire des électeurs.
Stéphane Dion n'est pas le chef le plus aimé au Québec, loin de là. "Dion, c'est un peu le dur, celui qui joue dur avec le Québec. Et plusieurs Québécois ne sont pas prêts à retourner au Parti libéral à ce moment-ci", estime le professeur de sciences politique de l'Université Laval, Réjean Pelletier.
Le portrait n'est guère plus rose dans le reste du Canada. Au sein même de la députation, nombreux sont les députés qui craignent le pire lors de ces cinq semaines de campagne. Pas surprenant que le moral ne soit pas des plus enthousiastes au sein des troupes libérales.
Non seulement les coffres du parti ne sont pas aussi bien garnis que les libéraux le souhaiteraient, mais les problèmes qu'a connus leur chef perdurent. Son organisation au Québec connaît des ratés et le recrutement de candidats n'est pas complété.
Alors plus qu'une simple élection, Stéphane Dion joue carrément son avenir politique.
Pour garantir son avenir aux commandes du PLC, M. Dion devra à tout le moins arriver à faire élire un gouvernement minoritaire libéral. Sans cela, ses anciens adversaires seront prompts à le pousser vers la porte de sortie.
Celui qui en est à sa première campagne comme chef de parti pourra tout de même compter sur la force de l'image de marque libérale.
Le PLC devrait conserver la plupart de ses sièges à Montréal, et ira probablement en arracher quelques uns au Bloc québécois qui lui en avait dérobés trois lors de l'élection de janvier 2006, dont celui de Papineau. Cette fois, ce comté sera probablement remporté par Justin Trudeau. Les libéraux savent aussi que le parti est solide dans les comtés urbains de l'Ontario, ainsi que dans les Maritimes.
Mais ailleurs, la lutte sera ardue. M. Dion devra défendre et expliquer son "tournant vert", tourné en dérision par les conservateurs qui l'accusent de vouloir tout taxer.
Selon Luc Dupont, qui enseigne les communications à l'Université d'Ottawa, c'est là le principal défi du chef libéral.
"Dion s'exprime comme un prof d'université", estime le professeur Dupont. "On n'est jamais tout à fait certain de ce qu'il a dit. Le plus bel exemple de ça, bien sûr, c'est son plan vert. Il n'y a personne qui a été capable de me l'expliquer jusqu'à maintenant."
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne
Éric Kelly Remax

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