Une artiste connue, mais méconnue cette Clémence Desrochers.
Une artiste connue, mais méconnue!
Qui ne connaît pas Clémence Desrochers? Cette bête de la scène est maintenant sous les projecteurs depuis plusieurs dizaines d’années, pourtant bien des gens seraient dans l’impossibilité de nommer un de ses numéros ou une de ses chansons.
«Tout le monde me connaît, mais personne ne me connaît», admet Mme Desrochers. Cette affirmation peut sembler contradictoire à première vue. Toutefois, force est d’admettre que c’est on ne peut plus vrai.
Lorsqu’elle est interrogée à savoir si elle vit un peu le même destin que son père, le poète Afred Desrochers, Clémence répond par la positive, mais avec un bémol. «Moi, j’ai la chance de vivre un certain succès comparé à mon père, débute-t-elle. J’ai toujours parlé de lui comme pour le venger et aussi pour lui rendre hommage. Oui, on a donné son nom à une montagne et à un rang, mais son oeuvre reste tout de même dans l’ombre pour une large partie de la population.»
Question de renouer avec son public qui la suit depuis plusieurs années et aussi de se faire «connaître» auprès d’une foule plus jeune, Clémence Desrochers remontera sur les planches du Vieux Clocher les 30 et 31 mars prochains. Elle y présentera son spectacle «Mes classiques en public».
Des chansons et des numéros d’humour puisés depuis ses débuts il y a de cela 50 ans forment sa prestation. Selon cette artiste, les thèmes qu’elle aborde sont ceux que vivent les êtres humains, donc qui ne sont jamais démodés. Clémence Desrochers prend ici l’exemple du numéro intitulé «La jaquette en papier». «Celui-ci, je l’ai écrit quand une des mes soeurs a été hospitalisée. Je l’ai gardé dans mes numéros parce que la santé est toujours d’actualité. Même si les jaquettes d’hôpital ne sont plus faites en papier, j’ai quand même conservé le titre parce que cette matière représente la fragilité.»
La force de l’artiste réside aussi en son habileté à parler d’un sujet d’une façon humoristique puis, quelques secondes plus tard, lui apporter une trame plus dramatique. Son monologue «Gérard», qui raconte l’histoire d’un fils avouant son homosexualité à sa mère, illustre bien ce fait. «On peut bien en rire de ce fils qui est «tapette», mais tout d’un coup, ça casse. Je brise le rythme en abordant quelque chose d’un peu plus dramatique de cette histoire. Mon musicien entame ensuite une mélodie plus grave vu la tournure des événements.»
Toujours intéressée à la sauvegarde de son environnement, Clémence Desrochers sera de la manifestation au Canton d’Orford ce dimanche pour protester contre la vente partielle des terres du Mont-Orford. «Il faut préserver la nature. Arrêtons de construire et améliorons l’environnement dans lequel on vit.»