Une politique familiale pour équilibrer la société?
Magog deviendra-elle une ville de personnes âgées et de bien nantis, sans place pour les familles et les jeunes, si rien ne change d’ici 25 ans ? La politique familiale, telle que promise par plusieurs candidats pendant la récente campagne électorale, permettra-t-elle d’atteindre l’équilibre intergénérationnel et des couches sociales?
La Magogoise Katia Deschênes craint la dégradation de la qualité de vie sans une véritable politique familiale, «Il y aura moins d’arbres et seulement des immeubles dans 25 ans. Les nouveaux arrivants viennent pour la qualité de vie, mais nous, on la perd de plus en plus avec une population grandissante. Où iront les jeunes et les travailleurs si on devient une place de choix pour les personnes âgées? On a pourtant besoin de main-d’œuvre qualifiée», lance-t-elle.
Elle espère que la future politique familiale favorisera aussi l’accès aux logements abordables. Elle réclame également des politiques d’encouragement comme des incitations fiscales pour les familles qui font des enfants. Mme Deschênes est consciente que Magog demeure une belle place pour élever une famille grâce à ses écoles, parcs, services et paysages. Mais elle suggère aux élus d’améliorer la situation avec plus d’animation culturelle au centre-ville et des concerts gratuits comme à Sherbrooke,
La Magogois Bertrand Richer espère que la future politique familiale comprendra de généreuses subventions aux jeunes familles pour l’achat d’une première maison, et ce, pour les aider à démarrer dans la vie. Il suggère aussi de remettre des chèques d’environ 1 000 $ aux familles donnant naissance à un troisième enfant. «Si on attire les familles, les enfants, qui sont très importants pour la société, seront davantage tentés de rester à Magog pour fonder une famille à leur tour», résume-t-il.
La politique familiale, selon le maire de Magog Marc Poulin, inclura une section pour améliorer l’accessibilité aux logements abordables. «Cette lacune représente l’une de nos faiblesses parce qu’on ne peut payer un loyer de plus de 600 $ avec un salaire de 12 $ de l’heure. On voit aussi deux couples par logement, ce n’est pas logique», indique-t-il.
Pour M. Poulin, la politique familiale rassemblera des critères très larges pour attirer et conserver des familles chez nous. La croissance de la population augmente progressivement, mais la municipalité a peu de logements abordables à offrir pour attirer de la main-d’œuvre qualifiée. Il pense donc à implanter des programmes d’accès à la propriété, des crédits de taxes à la rénovation ainsi que des programmes encourageant les jeunes familles, afin de contribuer à contrer le phénomène de la dénatalité.
M. Poulin voit une ville équilibrée dans 25 ans avec de nouveaux services créés par de nouveaux besoins. Magog songe aussi à limiter la croissance de la ville pour trouver l’équilibre avec la nature. La superficie des terrains à construire, qui pourrait être revue à la hausse, serait au cœur de cette stratégie.