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Sélectionner les projets pour harmoniser son développement?

Dany Jacques par Dany Jacques
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Article mis en ligne le 28 novembre 2006 à 11:06
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Sélectionner les projets pour harmoniser son développement?
Sélectionner les projets pour harmoniser son développement?
La Ville de Magog et la MRC de Memphrémagog peuvent-elles se permettre d’accepter tous les projets commerciaux, immobiliers et résidentiels ou doivent-elles sélectionner ceux qui cadrent le mieux avec son modèle de développement?
L’urbaniste Hélène Laperrière croit au filtre. Elle cite en exemple des endroits sur la Côte Est américaine, tout comme à Stowe, au Vermont, qui filtrent selon leur grille de développement au lieu de remercier les gens et les investisseurs qui débarquent avec n’importe quoi comme architecture.

Hélène Laperrière plaide pour des règlements plus précis et plus musclés, ainsi qu’un meilleur contrôle sur le respect de la réglementation. Elle estime aussi qu’il n’y aura pas de miracle en marge du développement à Magog tant et aussi longtemps que l’Hôtel de Ville de Magog n’aura pas sa division formelle d’urbanisme. «Pourquoi accueillir n’importe quoi? Les Municipalités ont le pouvoir de refuser des projets qui ne cadrent pas avec leur valeur. Magog a aussi ce pouvoir et il doit s’en servir plus souvent, comme les élus l’ont fait en refusant l’implantation d’un marché d’alimentation Loblaws près du marais de la rivière-aux-Cerises, il y a quelques années», commente-t-elle.

Pour ce faire, elle réclame plus de dents comme l’impossibilité d’adopter les nombreuses dérogations mineures qui gâchent parfois le paysage après quelques années. Elle recommande l’utilisation de matériaux simples, harmonieux et uniformes, qui respectent l’environnement d’un quartier. Selon elle, le charme victorien dans Saint-Jean-Bosco n’a pas sa place, tout comme la brique rose à la plage Southière.

«Il faut reconnaître le patrimoine et la signature d’une époque pour les conserver avec une réglementation conséquente, ayant un objectif d’uniformité et d’harmonie. «Les condos du Littoral dans la baie de Magog et la construction massive du Métro, qui a remplacé le cachet d’antan de la quincaillerie Hudon et Vigneux au centre-ville, ne représentent malheureusement pas les meilleurs exemples à Magog», déplore-t-elle.

Contrairement à l’urbaniste, l’ancien maire du Canton de Magog, Jean-Guy St-Roch, craint ainsi la «ghettoïsation» et le développement de l’élitisme. Il souhaite néanmoins conserver le cachet de la région en imposant des règles strictes d’architecture, l’obligation de construire sur de plus grands terrains et le maintien du couvert forestier à 60 %, ce qui contribuerait à réduire la pollution diffuse dans les cours d’eau. «Il existe encore des exemples à ne pas suivre où les arbres tombent comme des mouches pour construire des maisons, comme sur la rue Belvédère où le constructeur a écopé d’un avis d’infraction de la Ville de Magog pour le non-respect de la réglementation», déplore-t-il.

Le Magogois d’adoption Bertrand Richer craint que les terrains à construire deviennent inabordables si la superficie minimale augmente. «Je préfère le maintien du couvert forestier de façon plus contrôlée pour éviter d’autres rues magogoises comme Belvédère, Champlain et Maisonneuve. Si presque tous les arbres tombent, il faut alors une volonté réelle avec un règlement musclé pour exiger de beaux aménagements, même avec de petits arbres qui deviendront grands», témoigne-t-il.

La Magogoise Katia Deschênes rappelle la sévérité des règlements de zonage européens pour attirer des gens et des projets de qualité. «Des amis des Îles-de-la-Madeleine sont venus observer le lac Memphrémagog, mais ils l’ont cherché longtemps avant de l’apercevoir du coin de l’œil. En Europe, les autorités n’auraient pas laissé pousser des condos sur les rives du lac, qui bloquent la vue à tous les passants. Il faut limiter le nombre de maisons, contrôler le pourcentage d’arbres à abattre et cesser d’accepter de nouveaux revenus de taxes à n’importe quel prix», lance-t-elle.

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Éric Kelly Remax

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