L’exemple du quartier ouvrier, l’un des plus beaux du Québec
L’urbaniste Hélène Laperrière rappelle aux élus magogois de conserver et de mettre en valeur leur quartier ouvrier, qu’elle considère comme l’un des plus beaux au Québec.
Outre la transformation du complexe industriel, l’auteur des «Promenades estriennes» conseille de consolider la vie d’un quartier riche d’une vraie vie, de gens, d’une église, d’une école, de parcs, d’une caisse populaire, etc. «Laissons la vieille image du «bas de la ville» de côté. On peut encore remonter la pente même si certains aspects sont délabrés. Ce n’est pas une plaie d’Égypte», insiste-t-elle.
Mme Laperrière compare ce quartier à un bijou que peu de municipalités québécoises peuvent se vanter d’avoir en leurs murs. Il s’agit d’un patrimoine architectural d’origine qu’il serait encore possible de mettre en valeur. Elle suggère aussi de ne pas trop construire en hauteur pour ne pas abîmer la vue de repères importants pour le quartier, comme les clochers de l’église Sainte-Marguerite, la cheminée de l’usine CS Brooks, ainsi qu’une percée visuelle à conserver en direction du Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog. «Il ne faut pas nier son passé», répète-t-elle.
Selon cette urbaniste, il est primordial d’y apporter des correctifs sur le plan du zonage afin de le protéger de façon adéquate en regard d’éventuelles implantations ne respectant pas l’esprit même d’un patrimoine ouvrier rare au Québec, comme le nombre d’étages, la volumétrie et les types de matériaux.
L’ancien maire du Canton de Magog, Jean-Guy Saint-Roch, abonde dans le même sens que Mme Laperrière. Il prévient toutefois de ne pas développer de ghetto en séparant pauvres et biens nantis. «Les deux groupes doivent vivre ensemble et se croiser. Pour ce faire, la Ville de Magog pourrait acheter des bâtiments afin de les mettre en valeur et améliorer l’accessibilité aux logements abordables, tout en octroyant de généreux crédits stimulant la rénovation pour améliorer l’aspect visuel», propose-t-il.