Un brin d’histoire, pour mieux cerner l’avenir
L’historien Serge Gaudreau rappelle que la région n’a aucun mérite qui lui revient pour l’attrait qu’elle exerce aujourd’hui sur les touristes et les villégiateurs puisque le concept de la vision de développement n’existait tout simplement pas en 1930.
Urbanisme, étalement urbain, planification et développement n’étaient pas des mots à la mode après la crise de 1930 et la Seconde Guerre mondiale de 1939-1945. «L’économie et l’emploi étaient à l’avant-plan parce que 80 % à 90 % des emplois étaient industriels. À l’époque, c’était le textile ou mourir», image M. Gaudreau, qui a signé un livre sur l’industrie du textile à Magog.
À l’époque, les concepts ne sont pas à la mode, mais l’étalement urbain prend lentement forme. L’accès à la propriété se modifie aussi avec la construction de propriétés unifamiliales, qui remplacent lentement les propriétés à logements multiples situées près du complexe industriel. «La population demeure cependant presque stable avec 12 000 personnes au recensement de 1951, contre 13 500 à celui de 2000. C’est plus le nombre de personnes par logement qui diminue», explique-t-il.
M. Gaudreau précise aussi que Magog, une ville d’abord industrielle, se transforme lentement pour accueillir les visiteurs en plus grand nombre après la Deuxième Guerre. «Le tourisme s’est développé avec un meilleur accès à l’automobile, des semaines de travail plus courtes et le développement du réseau routier. On s’est adapté de différentes façons en élargissant des rues, en aménageant des stationnements supplémentaires, en déplaçant le dépotoir situé sous les condos du Littoral, et ce, tout en transformant une pointe Merry à vocation industrielle en un immense parc public», explique-t-il.
L’achat de la pointe Merry, qui logeait une scierie, un terrain de base-ball, une glacière et une charbonnière, ne s’est cependant pas fait sans heurt. «Les contribuables ont maugréé parce qu’ils considéraient le tourisme comme une industrie n’offrant que des emplois de courte durée et qui rapportent peu. Les incitatifs n’étaient que ponctuels parce que le tourisme était plus ou moins bien perçu. Il existe encore des résistances aujourd’hui, mais les retombées sont plus connues», de dire M. Gaudreau.