À 80 ans, Mark Dulin entreprend une série de romans sur l’histoire du Québec. Tout comme son personnage principal, il désire, un jour, que la «Belle province» devienne un «Beau pays». (photo: Vincent Cliche)
Un écrivain et son personnage en quête d’un pays à aimer
Loin d’être une biographie, l’auteur du roman Sognatore, Mark Dulin, partage cependant les mêmes sentiments que son personnage principal envers le Québec. Ils désirent, un jour, voir cette province devenir un état indépendant.
«De l’histoire avec un grand H!» Voilà comment l’écrivain de Stukely-Sud décrit son premier ouvrage. Relatant le Québec de 1941 à 1978, Mark Dulin a voulu illustrer les deux grandes solitudes qui bouleversaient la province à cette époque. «Elles sont clairement identifiées par deux personnages, lance-t-il. Le premier, Pierre Benoît, est un rebelle qui aime le Québec et qui désire que la province devienne un état souverain. D’ailleurs, il sera élu sur la scène provinciale afin de promouvoir cette idée. De l’autre côté, il y aura la journaliste Caroline Hart. Elle jouera un rôle capital dans le second tome de la série.»
À 80 ans, Mark Dulin lance son premier roman. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’écrire sur un sujet qui le passionnait tant? «Manque de temps», dit-il. Son emploi de consultant est trop énergivore. «Il fallait que j’écrive sur ce sujet. Je sais des choses et ça fait longtemps que je veux qu’elles soient dites. Dans mon livre, je dis que le Québec et le Canada peuvent se voisiner, mais on ne peut cohabiter. Les faits relatés sont souvent véridiques et je me plais à dire que le Canada, souvent, bat le Québec à coups de bâton de baseball fabriqués avec le bois de la forêt québécoise pour imager ce que je ressens.»
Déjà en pleine écriture du second tome de la série, Mark Dulin terminera les aventures de son personnage après le second référendum de 1995. À savoir s’il aimerait écrire le dernier roman de cette série sous une trame de Québec souverain, l’auteur avoue que l’idée lui plaît grandement. «Ce serait un livre triste toutefois, prévient-il. Avec tout ce qui se passe aujourd’hui, je ne crois pas qu’on pourrait y arriver avec un résultat contraire. Il faudrait un grand changement dans nos politiques pour obtenir l’indépendance que je recherche depuis bien longtemps.»