Longue attente pour une fausse couche
Le mardi 20 janvier 2009, je me rends dans une clinique médicale de Sherbrooke avec mon conjoint pour mon premier rendez-vous de grossesse. Après avoir répondu aux mille et une questions d’usage, vient le temps d’écouter le cœur de mon bébé qui en est rendu à dix semaines et cinq jours de gestation.
L’infirmière, après plusieurs minutes d’essai sans rien entendre, appelle une autre infirmière, qui à son tour appelle la docteure. Les trois professionnelles, prises de panique, essaient de nous rassurer tout en sachant bien que la situation est anormale. La docteure me prescrit finalement une prise de sang pour le lendemain matin et une échographie d’urgence.
Après les résultats de ma prise de sang, l’infirmière m’annonce que je suis bel et bien enceinte, toujours en camouflant la vérité. Vendredi arrive, à 15 h je passe mon échographie pour m’assurer que tout va aussi bien que mes trois professionnelles me le disent.
Allongée sur le lit, tenant fermement la main de mon conjoint, nous apercevons tout à coup dans l’écran, notre p’tit bébé mort depuis une semaine. Nous ne comprenons pas. L’infirmière m’avait pourtant dit que la prise de sang était positive. On nous retourne chez nous en larmes avec mon p’tit bébé mort en moi. Je téléphone à la clinique de mon médecin et je tombe sur le répondeur qui me dit que les bureaux sont fermés. Personne ne m’attend pour me prendre en charge. Pourtant, l’infirmière savait que je passais mon échographie, et elles savaient toutes les trois que ça ne s’annonçait pas bien. C’est le congé habituel pour la fin de semaine, c’est normal de laisser une patiente ou plutôt un numéro comme ça!
Lundi matin, après deux heures d’essai, je réussis à parler à quelqu’un de la clinique. À ma grande surprise, j’apprends que personne n’est au courant de ce qui m’arrive. C’est à ce moment que je réalise que je fais affaire avec un personnel inhumain et insouciant. Donc, j’informe l’infirmière que mon bébé est mort depuis une semaine et je lui suggère fortement de me donner un rendez-vous avec la docteure. Après tout, c’est normal que ce soit la patiente qui informe la clinique du malheur qui lui arrive!
Finalement, l’infirmière me rappelle pour me dire que la docteure m’attend à l’urgence pour 13 h 30. Je m’y rends en compagnie de mon conjoint. Après deux heures 30 d’attente, je rencontre enfin la docteure qui m’attendait. Elle a enfin obtenu mes résultats. Bravo, trois jours plus tard! Elle m’annonce que mon taux d’hormone a diminué dans ma deuxième prise de sang et que j’ai perdu mon bébé. Elle nous parle ensuite des méthodes qui me sont offertes pour un avortement. Quoi! Nous sommes venus ici pour se faire dire ça? Non! Nous connaissons déjà ces options puisque nous avons vécu exactement la même chose il y a deux ans. Après avoir exprimé clairement notre mécontentement, on nous retourne encore chez nous à 16 h, en me disant de rester à jeun et disponible, et qu’ils vont me rappeler dès qu’ils auront de la place. Dans l’fond c’est pas grave ni très urgent c’qui m’arrive, mon bébé est juste mort.
À 19 h, nous sommes de retour à l’hôpital, à leur demande, pour procéder à l’avortement. Nous habitons Omerville et nous avons deux enfants, alors on s’est dépêché de tout concilier pour ne pas faire attendre l’équipe médicale. Finalement, on me passe en salle d’opération à 22 h 30.
On me retourne chez moi à 1 heure du matin, le cœur en miettes. Je me dois de rester forte parce que mes deux beaux enfants m’attendent à la maison.
C’était ma première et assurément ma dernière fois que je faisais affaire avec cette clinique ou le côté humain n’a pas sa place.
Mélanie Poulin
Magog
Yolande Taupier
Commentaire mis en ligne le 26 février 2009Certaines femmes doivent provoquer la naissance afin
de de se conformer aux horaires des médecins et doivent voyager d'une ville à une autre....
Ensuite on demande aux femmes d'avoir des enfants?
Les femmes font bien de dénoncer! La santé des citoyens n'est pas importante pour nos élus!