Réflexions préréférendaires
Selon le sage, celui qui n’apprécie pas son passé risque bien de répéter les mêmes bévues. Rappelons-nous donc ces luttes épiques entourant la construction d’un nouvel hôtel de ville et de l’aréna municipal en 1965, la création subséquente du parc industriel, et la réorganisation du service de police municipale en 1966. Heureusement qu’alors, le bon sens a finalement eu raison de cette résistance au changement, si profondément enraciné dans notre psychique communal.
Suite à la dernière consultation populaire sur l’éternel sujet de la bibliothèque, il faut maintenant entrevoir une autre période difficile. Le processus référendaire étant enclenché à grands frais, les citoyens devront se prononcer sur l’approbation d’une proposition d’emprunt de 2,8 millions de dollars.
La bibliothèque ne répond plus aux normes et, incontestablement, nous devons réagir afin de fournir ce service. Au cours des prochaines semaines, les contribuables devront faire le tri entre les faits, noir sur blanc, et les arguments soulevés pour créer la confusion. On fera flèche de tout bois, avec la crise financière (qui est en voie de se corriger), les pertes d’emplois (sans égard pour les nouveaux postes créés), le sauvetage d’un lieu du culte (qui n’est maintenant qu’une vaste remise), les tours de prestidigitation pour offrir une solution de dernière heure (sans fournir les coûts) et les attaques personnelles. Mais ce sera à la lueur des exposés factuels que la décision devra être prise.
À plusieurs reprises, le conseil a exprimé unanimement son désir d’entreprendre la construction d’une bibliothèque à l’Ilot Tourigny, pour une somme dépassant les 10 $ millions et qui comprenait aussi une résolution d’emprunt. Mais, étant unanimes hier et dissidents aujourd’hui, des réponses aux questions suivantes s’imposent.
1. Si vous étiez alors anxieux d’investir cette somme, avec l’implication gênante de l’élément patrimoine et du stationnement à étages, pourquoi êtes-vous maintenant contre la proposition d’utiliser une somme moindre pour le projet de l’édifice Sainte-Marguerite, qui offre plus d’avantages en surfaces, disponibilité et infrastructures existantes?
2. Est-ce que le slogan «Place à la famille» se limite, à votre avis, à fournir des couches de coton aux foyers participants. Comment justifier alors le refus de fournir un local adéquat et propice à l’évolution intellectuelle de nos jeunes avec un service amélioré et gratuit aux parents ainsi qu’à l’ensemble de notre population pour une question de sous, ou l’équivalant du prix de quelques cafés ou de bières par année?
3. Est-ce que, finalement, ce jeu du «tout ou rien» est vraiment dans l’intérêt de notre ville?
Une réponse à ces questions serait appréciée, car la prise de position discordante, pour des motifs encore nébuleux, démontre une attitude téméraire, qui met dorénavant à risque la réalisation de ce projet, dans quelque endroit que ce soit.
Ainsi, nous sommes au stage ou notre histoire se répète. J’ose espérer que l’on pourra, demain, utiliser les termes «principes» et «bon sens» dans une même phrase, afin d’aller de l’avant, comme on l’a fait dans le passé.
Jules Lalancette
Magog, secteur Omerville