Déchets: la solution de Montréal est-elle la bonne?
Bien beau de prendre son temps pour choisir, mais êtes-vous sur que la solution de Montréal est la bonne? (Réponse à l’article «Un peu de patience pour les déchets, Reflet du Lac, 18 octobre.
Savez-vous ce que ça veut dire de gazéifier?
Les usines de gazéifications sont très chères et ont besoin de beaucoup de matériel intrant (déchets) pour se rentabiliser. Ils vont donc vouloir prendre tous nos déchets.
Malheureusement, les Nord-américains cherchent toujours le plus facile, rarement le plus simple et le meilleur pour l’environnement, donc pour notre planète, donc pour l’avenir de nos enfants.
Nous devons, si nous voulons sauver nos terres agricoles de l’appauvrissement, rendre à la terre ce qui lui est due. Tous les déchets de sources agricoles devraient retourner sous forme de compost à la terre qui l’a produit, seulement de cette façon nous pouvons rétablir le cercle de la nature qui a nourri toutes les générations avant l’arrivée de l’industrialisation qui a amené le début des grands désastres écologiques.
Pourquoi les Québécois vont-il si loin que le Japon pour voir? L’Europe est plus près et bien plus écologique. Ces technologies de gazéification japonaises viennent d’Europe où ils ont peu de chance à se vendre, ils démolissent même des usines pilotes existantes là-bas. Les Japonais ont besoin de peu de compost, ils ont peu de place pour l’agriculture, donc pour le compost.
Pour un développement durable et écologique il faut produire moins de déchets, faire le tri à la source de tous nos déchets pour récupérer au maximum, même le plastique, car il va en manquer en même temps que le pétrole, ainsi que le verre le bois, les tissus, etc. Les matières organiques doivent être traitées dans des digesteurs anaérobies pour en retirer de l’énergie et un compost de première qualité, qui doit être ramené à la terre, qui l’a produit.
J’ai présenté la technique Kompogas lors du Colloque international du CMM. Les meilleures pratiques de traitement et de valorisation des matières résiduelles. Le seul qui est venu me demander de l’information était le maire de Lyon en France, du Québec, seul le CRE de Montréal m’a demandé une présentation particulière, et m’encourage à continuer.
Les usines de gazéifications sont très énergivores, les fabricants ne donnent pas de bilan énergétique et elles sont souvent plus polluantes par les gaz qui en échappent.
Une usine Kompogas est CO2 neutre, car elle ne consomme que de l’énergie produite à partir de déchets verts qui ont consommé la même quantité de CO2 qu'elle émet.
Le compostage traditionnel est une meilleure alternative que la gazéification en attendant un bioréacteur, mais ce n’est pas une solution durable, car trop énergivore (machines qui retournent les andains), et émet du méthane, un gaz à effet de serre.
Les ingénieurs européens consultés disent : le plus simple et ce qui a fait toutes ses preuves, le moins polluant et qui a le meilleur rendement énergétique est encore l’incinérateur, mais uniquement pour les déchets ultimes. Pour les déchets organiques, c’est le bioréacteur Kompogas ou autre qui est la meilleure façon de traiter. Un kg de déchets ménagers égale un km en voiture.
La gazéification n’a de toutes les façons pas encore fait ses preuves, on en reparlera dans 10 ans pour les déchets dangereux.
Est-ce que nos villes et municipalités sont assez riches pour tester des systèmes douteux du point de vue environnement et qui n’ont pas fait leurs preuves?
Roland Mittner
Président
Enviro-technologies Mittner inc
Canton de Hatley