Le candidat du Parti libéral du Canada dans Compton-Stanstead, William Hogg, entend mener une campagne d’idées au cours des prochaines semaines. (photo: Vincent Cliche)
William Hogg: de professeur à politicien
Portrait de candidats dans Compton-Stanstead
Après longtemps avoir enseigné les sciences politiques à l’Université Bishop’s (et il le fait encore!), William Hogg se lance finalement dans l’arène politique. Sous la bannière libérale, il tentera de se faire élire lors du scrutin pancanadien, qui aura lieu le 14 octobre prochain.
L’homme de 35 ans prépare sa campagne depuis un bon bout déjà. Il a été nommé le candidat du Parti libéral du Canada pour la circonscription de Compton-Stanstead en avril 2007. Depuis ce temps, de nombreuses crises politiques sont passées. «J’aurais bien aimé aller en campagne au printemps dernier en raison du budget, avoue M. Hogg. Cependant, j’ai pu compter sur ces derniers quinze mois pour me préparer. Je suis maintenant prêt à faire face à la musique.»
William Hogg se passionne pour la politique. Il l’enseigne même à l’Université Bishop’s de Lennoxville et s’occupe aussi de quelques cours à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Montréal. Toutefois, faire le saut en politique active n’était pas dans ses plans. Du moins, jusqu’au jour où il a participé à un certain projet en août 2006. «Je faisais partie de l’aile québécoise de la Commission politique du Parti libéral du Canada et on travaillait sur le contenu de la résolution de la reconnaissance de la nation québécoise. Tout ça a amené le premier ministre Stephen Harper à s’en accaparer un peu. C’est tout ce processus qui m’a donné la piqûre. J’ai vu que j’étais capable d’amener une idée, un besoin et de le transformer en résultat politique. Je suis réellement fier de ce que nous avons accompli.»
Lors de la campagne, M. Hogg entend marteler cinq thèmes, qu’il dévoilera au cours des prochaines semaines. Mentionnons toutefois qu’il entend s’attaquer au problème de la décroissance démographique dans le sud du comté de Compton-Stanstead. «Selon les différentes municipalités, on parle d’une perte de 3 % à 25 % de la population. Il faut arrêter ça. Ces petites villes font partie de notre identité. Il faut trouver les moyens d’empêcher ce phénomène.»
Sur le plan national, le candidat libéral est derrière son chef Stéphane Dion à 100 %. Selon lui, le «Tournant vert» est un programme essentiel au pays et au Québec. «Il s’agit d’une nouvelle façon de regarder la fiscalité du pays. On veut aussi amener les gens à voir de nouvelles habitudes de consommation», estime-t-il. Et même si, pour lui, l’environnement demeure un enjeu central, «il faudra parler d’autres thèmes pour gagner l’élection».
William Hogg veut également mener une campagne «propre». «Je veux présenter mes idées et je ne veux pas me lancer dans de vieux débats. Ce n’est pas mon but non plus de salir mes adversaires», lance-t-il.
«Mon adversaire du Bloc québécois, France Bonsant, m’a accusé de ne pas venir de la place, indique celui qui demeure à Magog. Je dois lui lancer que j’ai déjà vécu à Deauville et à Rock Forest. Je suis un gars de la place, même si mes adversaires ne le croient pas. Je travaille aussi dans le comté à tous les jours.»
Selon M. Hogg, il est difficile de prévoir si le prochain gouvernement sera majoritaire ou minoritaire. Pour répondre à cette question, il enlève son chapeau de candidat et pose plutôt celui de professeur de sciences politiques sur sa tête. «Le Canada devient de plus en plus régionalisé. L’Ontario et le Québec, l’Ouest canadien, les Maritimes travaillent entre eux. Chacune de ses régions ne possède pas assez de sièges pour donner une majorité. Alors, il faudra trouver des solutions pour travailler en équipe.»
Même s’il désire remporter l’élection, William Hogg souhaite davantage que le taux de participation soit élevé. «Je vise 75 %», conclut-il.