Le grand Paul Asmuth a remporté six victoires à la Traversée, dont sa dernière en 1986. Le président de l'époque, Yves Grandmaison (à gauche), et le président d'honneur Guy Carbonneau (à droite) apparaissent notamment sur la photo. (photo archives)
La Traversée fête ses 30 ans
L'événement a connu bien des tempêtes au cours de son histoire
La Traversée internationale du lac Memphrémagog franchit une étape importante ce week-end alors qu'elle entame sa 30e année d'existence. Depuis sa fondation, l'événement a affronté bien des tempêtes, autant au sens propre qu'au sens figuré.
Yves Grandmaison, l'un des citoyens les plus connus à Magog, a été un témoin important des trois dernières décennies.
Membre de la toute première édition, celle dirigée par le défunt Georges Lussier, il a quitté le navire après moins d'un an, avant de revenir quelques années plus tard sous les ordres de Jean Dion. «Ça ne fonctionnait pas selon mes convictions et c'est pour cela que j'ai abandonné l'organisation après la première année. Je pourrais raconter des histoires toutes aussi folles les unes que les autres. Entre autres, avant d'entamer la première traversée, on avait une rencontre avec un officiel (de l'extérieur de la région) et il nous suggérait d'embarquer les nageurs sur une chaloupe pour faire la première partie du parcours, afin de gagner un peu de temps. Je n'en croyais pas mes oreilles», explique-t-il avec toute la verve qu'on lui connaît.
Le barbier de la rue Principale a lui-même occupé la présidence de l'événement au milieu des années 1980, époque au cours de laquelle l'Américain Paul Asmuth a remporté six victoires en sept ans. Du côté féminin, la reine incontestée était la Hollandaise Monique Wildschut, avec six victoires consécutives.
Dans les années 1990, c'est Dame Nature et ses soubresauts qui ont retenu passablement l'attention. Plusieurs se rappelleront sans doute la triste annulation du spectacle de Claude Dubois, qui avait coûté très cher à l'organisation, ou encore l'année du déluge, en 1996, alors que seulement sept nageurs avaient réussi à joindre le fil d'arrivée. Cette décennie aura aussi été l'affaire de l'Australienne Shelley Taylor-Smith, championne durant six années consécutives.
Enfin, les années 2000 ont vu apparaître un nouveau monarque en la personne de Petar Stoychev, champion des sept derniers marathons. C'est aussi au début de cette décennie qu'on a effectué un changement radical au parcours, abandonnant le trajet Newport-Magog pour le transformer en un aller-retour entre Magog et Georgeville.
Plusieurs nageurs auront laissé leur marque au pays de Memphré au cours des dernières années, dont le Magogois Mathieu Leblanc, premier nageur local à réussir le parcours de 34 km en 2005.
Des retrouvailles attendues
Même s'il ne fait plus officiellement partie de l'organisation, Yves Grandmaison en est toujours un supporter et il ne manquerait pour rien au monde les retrouvailles des anciens dirigeants, ce samedi 26 juillet à la pointe Merry.
Il estime toutefois que la fête a grandement souffert des difficultés vécues par les organisations précédentes. «La Traversée est un très bel événement, mais il y a eu beaucoup d'éléments démotivateurs. Il y a des positions bien contradictoires: on veut avoir une fête, mais on ne veut pas être dérangé; on veut du monde sur le site, mais on ne veut pas de trafic. Je lève mon chapeau aux bénévoles, car ce n'est pas facile de travailler dans ces conditions. Je me demande cependant s'il y aura une continuité lorsque Jean-Guy Gingras (prés. et dir.-gén.) prendra sa retraite. Cet homme-là est l'âme dirigeante de la Traversée», a-t-il louangé.