L'auteure d'Eastman Nicole Fontaine a écrit 33 petites nouvelles sur l'univers des enfants. Un premier ouvrage pour cette ancienne journaliste et directrice des communications. (photo: Vincent Cliche)
Se glisser à l'intérieur de mémoire d'enfants
Dans son premier ouvrage, l'auteure d'Eastman, Nicole Fontaine, propose 33 nouvelles allant d'une à 30 pages telles que racontées par des enfants.
«Moi, j'avais pas l'habitude de naître», n'est en aucun cas un récit autobiographique racontant la jeunesse de l'auteure. Plutôt, Nicole Fontaine s'est inspirée des enfants qu'elle côtoie, qu'elle les connaisse ou non. «Quand je faisais la lecture aux élèves de Val-de-Grâce, je voyais leur visage s'illuminer et je pensais qu'ils avaient, eux aussi, une histoire à raconter, dit-elle. C'est un peu la même chose lorsque je regardais des photos d'enfants dans des revues.» Mais le garçon qui a le plus influencé le travail de l'écrivaine est sans doute le jeune Marius. «C'est le fils de la directrice des Correspondances, Line Richer. C'est un petit surdoué, il est très allumé», commente-t-elle en ajoutant qu'elle ne pouvait passer sous silence sa présence.
C'est à l'âge de 75 ans que Mme Fontaine signe son premier ouvrage. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de publier et, surtout, pourquoi choisir un sujet comme l'enfance. «C'est simple, explique cette ancienne journaliste au Devoir. Je n'avais tout simplement pas le temps d'écrire pour moi. J'écrivais pour les autres. Lorsque j'ai pris ma retraite en 1997 à Eastman, c'est là que j'ai commencé l'écriture. Mais, je n'en faisais pas autant que je le souhaitais, car être heureuse, ça prend tout mon temps. Pour ce qui est du thème, j'ai choisi l'enfance parce que ces jeunes êtres me consolent. C'est la magie de leurs commentaires. J'adore leurs dialogues. Ça évite les descriptions. Et puis, quand on croise un enfant sur la rue, on ne peut s'empêcher d'accrocher un sourire sur nos lèvres. C'est un peu la même chose en lisant leurs pensées.»
Même si les différents récits offerts à l'intérieur de ce recueil sont inspirés pour la plupart que de visages, l'une des nouvelles se veut en quelque sorte le reflet de l'écrivaine qui a perdu une fille âgée de 22 mois.
«Inconsciemment, je me suis inspirée de mon enfance. Les jeunes de ce livre parlent de leurs problèmes, des problèmes qu'ils vivent aujourd'hui, mais leurs loisirs sont plus ceux de mon temps. Par exemple, on ne voit pas un enfant joué au Nintendo, mais bien se promener dans la rue dehors.»
Pour Nicole Fontaine, replonger dans l'univers des enfants, c'était plutôt facile. «Ça crée une sécurité pour la vie et, comme c'est là, je n'ai plus peur de la suite des choses», raconte-t-elle.