Un transport collectif trop dispendieux?

Par Charles-Antoine Rondeau

Publié le 13 juin 2015
La présidente de Transport des alentours, Joan Westland-Eby, est ouverte à l’idée des «taxibus», mais prévient que ce système apporte aussi son lot d’inconvénients.
(Photo TC Media - Archives - Pierre-Olivier Girard)

TRANSPORT. Bien que l’organisme Transport des alentours dresse un bilan positif de son année 2014, le Comité citoyen de Memphrémagog pour le transport collectif (CCMTC) questionne les décisions des autorités.

Le comité remet entre autres en doute le fait que les navettes urbaines soient la meilleure option de transport collectif pour la Ville de Magog.

«On est une petite ville et on devrait fonctionner avec un système de transport sur demande. Le système actuel coûte très cher et ce n’est pas le meilleur moyen», souligne le porte-parole du CCMTC, Martin Riou.

Le comité propose un système de «taxibus», qui serait, selon eux, à la fois plus économique et productif. «La navette urbaine est un transport par autobus qui a un long parcours et qui ne rejoint pas tous les secteurs. Le ‘’taxibus’’ coûterait moins cher et transporterait plus de monde», de dire le porte-parole.

La présidente de Transports des alentours et mairesse de Bolton-Est, Joan Westland-Eby, se dit ouverte à l’idée. «L’option est actuellement étudiée. L’idée sera proposée aux Villes, car ce n’est pas nous qui prenons les décisions finales, mais bien les Villes et la MRC», affirme Mme Westland-Eby.

Selon M. Riou, l’idée des «taxibus» est apparue à Rimouski dans les années 1990, et est efficace dans plusieurs petites villes du Québec, dont Victoriaville, Valleyfield, Thetford Mines et St-Georges, entre autres.

Bien qu’elle ne soit pas fermée à cette alternative, la présidente de Transports des alentours souligne que la MRC rencontre certaines difficultés propres à elle.

«Les villes qui offrent ce service n’ont pas les mêmes structures ni les mêmes subventions. Ici, le lac est une contrainte. De plus, si le service se rendait à Stanstead, par exemple, ce serait vraiment trop dispendieux, car les prix augmentent rapidement quand les taxis se déplacent sur une longue distance.»

Quoi qu’il en soit, des décisions seront bientôt à prendre, car l’aide financière du Pacte rural du ministère des Transports du Québec arrive à échéance en décembre.

«C’est là que les municipalités vont décider ce qui va se passer et c’est pour ça qu’un comité de travail, où siège la présidente du CCMTC, Lucie McNeil, a été créé», fait valoir Mme Westland-Eby.

Martin Riou ajoute pour sa part espérer qu’il y ait, dès l’automne, un projet pilote de «taxibus». «On veut travailler en collaboration avec Transport des alentours. Le plus important est de développer le projet pour décembre et que le contrat avec Limocar ne soit pas renouvelé», conclut-il.