Magog: les compteurs intelligents bientôt installés

Pierre-Olivier Girard pierre-olivier.girard@tc.tc
Publié le 6 janvier 2015
L'installation des nouveaux compteurs intelligents par Hydro-Québec pourrait s'amorcer dans la semaine du 12 janvier prochain à Magog.
(Photo gracieuseté)

ÉLECTRICITÉ. Malgré un vent d'opposition de certains citoyens et de la Municipalité de Magog, Hydro-Québec devrait amorcer l'installation des compteurs intelligents à compter du 12 janvier prochain.

Impossible d'avoir une quelconque confirmation à ce sujet chez Hydro-Québec, qui se contente d'affirmer que toute installation est précédée par l'envoi d'une lettre d'intention auprès des clients concernés. Cette lettre, plusieurs résidants desservis par la société d'État l'auraient déjà reçu en date du 12 et du 16 décembre dernier et, depuis ce temps, les craintes ne cessent de s'amplifier aux dires de la mairesse Vicki May Hamm.

«C'est fou à quel point je suis inondée d'appels et de messages depuis les dernières semaines. Les gens sont préoccupés et ça se voit. Oui, il y a des personnes qui sont pour les nouveaux compteurs, mais c'est une minorité par rapport à ce que je vois. Je dirais que pour une personne en faveur, il y en a dix qui sont dans le doute ou qui n'en veulent pas du tout.»

Magog a retenu l'attention à travers le Québec au cours des derniers jours, en étant l'une des premières municipalités à avoir annoncé publiquement son intention d'adopter un règlement pour freiner le déploiement des nouveaux compteurs. Une démarche qui s'annonce ardue, admet la mairesse, pour une raison légale, mais également parce que les délais sont extrêmement courts. «Une chose est certaine, on ne pourra pas adopter un règlement avant le début du déploiement. Légalement, c'est impossible. Il faut aussi se demander si on veut vraiment se lancer dans une bataille juridique. Pour l'instant, c'est aux citoyens de faire la différence. S'ils se lèvent massivement pour s'opposer au projet, on ne sait pas ce que ça peut donner.»

Le premier geste concret à poser en ce sens, selon Vicki May Hamm, est de se prévaloir de son droit de retrait au coût de 15 $, qui doit se faire dans les 30 jours après la réception de l'avis d'installation. Au-delà de ce délai, la facture grimpera à 85 $ pour le même processus.

Ce mouvement contestataire ne semble pas inquiéter outre mesure Hydro-Québec, qui rappelle que très peu de clients ont refusé l'installation jusqu'à présent. «Pour l'ensemble du Québec, on parle d'environ 0,5 % de la population par municipalité qui a pris l'option de retrait. C'est une infime minorité sachant que 2,5 millions de compteurs ont été installés jusqu'à présent», affirme le porte-parole d'Hydro-Québec, Patrice Lavoie, qui n'a pas été en mesure de révéler le nombre de refus pour Magog.

Le responsable a également affirmé qu'Hydro-Québec entrera bientôt en contact avec la mairesse afin de lui fournir de l'information «juste», notamment sur la question de la législation. «Hydro-Québec n'est pas assujettie à la réglementation municipale. C'est la Régie de l'énergie qui règlemente nos activités et celle-ci nous a autorisés à procéder à l'installation partout au Québec et c'est ce que nous faisons dans l'intérêt de nos clients», conclut M. Lavoie.

À moins d'un revirement de situation, les élus magogois adopteront une résolution faisant officiellement valoir le point de vue de la Municipalité sur ce dossier lors de la séance du 19 janvier prochain.

Rappelons qu'en janvier 2013, la Ville avait annoncé qu'Hydro-Magog, qui dessert environ 70 % du territoire, ne poursuivrait pas l'installation de compteurs intelligents.

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