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Autre accident de vélo sur le chemin de Georgeville: le piètre état des routes au Québec fait rager les cyclistes


Publié le 10 août 2017

Le président du club de vélo La Grande Roue, Normand Laforme, se fait le porte-parole des cyclistes pour réclamer des routes de meilleure qualité. Il pose ici au côté de l’une des fissures causant des maux de tête aux amateurs de vélo sur le chemin de Georgeville.

©(Photo TC Media - Dany Jacques)

SÉCURITÉ. Le piètre état de la chaussée sur le chemin de Georgeville a provoqué un autre accident de vélo, le 30 juillet dernier. Résultats : commotion cérébrale et quatre fractures pour une cycliste aguerrie de 68 ans.

Hélène Bernier a eu la frousse. Elle suivait son conjoint sur une route qu’elle connaît bien. Soudainement, elle heurte une profonde et large fissure sur la route en circulant à 35 km/h. Elle perd le contrôle, passe au-dessus des poignées et tombe dans un profond fossé composé de roches. Le couple craignait la fracture du crâne au moment de sa rencontre au CIUSSS-CHUS avec le représentant du Reflet du Lac, quelques jours après le drame.

Ce malheureux accident confirme à son conjoint de 67 ans, Robert Proulx, que les routes du Québec sont en plus mauvais état que partout ailleurs dans le monde. «J’ai 50 000 km dans les mollets. J’ai roulé en Europe, aux États-Unis et au Canada, mais le pire endroit à rouler est au Québec. Les routes sont dangereuses pour le cyclisme», lance-t-il.

M. Proulx prévient les autorités que la région n’est pas prête à accueillir des cyclistes des quatre coins de la planète (Reflet du Lac du 26 juillet), compte tenu de la qualité de la chaussée qu’il considère dans un piètre état. «Nous sommes à des années-lumière de devenir une destination internationale, tel que souhaité par l’industrie touristique, et cela n’a rien à voir avec les automobilistes», observe-t-il.

Pour corriger la situation, il suggère aux autorités provinciales et municipales d’investir massivement dans le réseau routier pour améliorer la qualité de la voie publique ainsi que d’aménager des accotements potables pour les cyclistes. «Soyons préventifs plutôt que réactifs, comme la correction de l’immense fissure ayant causé la chute de ma conjointe quelques jours après l’accident. Pourtant, des voisins avaient précédemment prévenu les autorités pour y apporter des corrections, mais en vain», déplore-t-il.

On veut devenir une destination de vélo internationale, mais on n’est pas capable de sortir de la maison en vélo sans se casser la gueule.

Robert Proulx

Selon lui, la qualité des routes se détériore pour le cyclisme partout au Québec, et ce, malgré les accotements qui augmentent en nombre. «Ça devient plus dangereux quand une auto approche de nous et que son conducteur croit qu’on roule en toute sécurité sur l’accotement. Ça devient une autre paire de manches quand on doit subitement dévier de notre trajectoire en raison d’une fissure. Parfois on se dit, tu prends le champ ou tu te tasses sur la route», informe-t-il.

«La cohabitation avec les automobilistes s’améliore énormément. Ce sont les fissures, les trous et le sable qui provoquent davantage d’accidents. Les gens doivent savoir que les chutes sans collision avec un véhicule sont aussi dangereuses», ajoute-t-il.

Il déplore l’absence de relevé d’accidents de vélo sans collision avec des voitures. Selon lui, les autorités apprendraient assez rapidement que plusieurs accidents de vélo surviennent sur leur territoire avec de telles statistiques. «En une semaine récemment, il y a eu trois chutes près des Villas de l’Anse sur le chemin de Georgeville. Ma fille et le président du Club La Grande Roue, Normand Laforme, ont également subi de sérieuses blessures par le passé sur la même route.»