Projet de loi sur la légalisation du cannabis: «Qu'on soit d'accord ou pas, on a un travail à faire»


Publié le 17 avril 2017

Le cannabis pourrait devenir légal au Canada d'ici juillet 2018.

©(Photo Richaud Villalon – Fotolia)

DROGUE. Le lieutenant Sylvain Guay fait confiance au jugement des responsables derrière le projet sur la légalisation du cannabis. Toutefois, par son expérience comme policier auprès des jeunes notamment, il est difficile pour lui d'ignorer les risques reliés à la consommation.

«Je suis policier depuis 30 ans et j'ai travaillé trois ans à temps plein dans une école. Des drames familiaux reliés à la consommation de cannabis, j'en ai vu, raconte-t-il. La plupart des problèmes d'ordre social chez un jeune avec qui j'ai eu affaire découlaient d'abord d'un problème de drogue. On sait, et c'est prouvé, que la consommation en bas âge préconise le développement de la schizophrénie.»

Le plus important, selon Sylvain Guay, sera de rendre ce nouveau produit récréatif le moins accessible possible pour les adolescents. Il considère primordial aussi d'investir dans la prévention pour limiter au maximum les dommages collatéraux, même s'ils sont inévitables selon lui. «Pour moi, le pot n'est pas pire que l'alcool. Ça reste une substance psychoactive qui est néfaste pour la santé. Il y a des gens en boisson qui frappent leur femme autant qu'il y en a qui commettent des crimes en étant gelé. C'est sûr qu'il y aura des conséquences, mais en même temps, je ne pense pas que le nombre de consommateurs va exploser du jour au lendemain. Quand tu n’as jamais fumé, tu n'as pas plus envie de l'essayer parce que c'est légal», soutient-il.

C'est sûr qu'il y aura des conséquences, mais en même temps, je ne pense pas que le nombre de consommateurs va exploser du jour au lendemain. Quand tu n’as jamais fumé, tu n'as pas plus envie de l'essayer parce que c'est légal.

Le lieutenant de la Régie de police de Memphrémagog, Sylvain Guay

Quelle que soit son opinion personnelle, le lieutenant rappelle que le rôle de la Régie de police de Memphrémagog est d'appliquer les lois et règlements en vigueur, et non d'en juger le contenu. Il en sera de même lorsque le cannabis deviendra légal. «Qu'on soit d'accord ou pas, on a un travail à faire. Quand je dois intervenir à la suite d'une plainte parce que des enfants jouent au hockey dans la rue, c'est sûr que ça me dérange. Car je préfère voir des jeunes s'amuser au lieu de les arrêter parce qu'ils ont fait un mauvais coup. Mais je n'ai pas le choix. Je dois appliquer le règlement, point final», conclut-il.