Droit de prescrire des infirmières: le projet-pilote va bon train en Estrie


Publié le 16 mars 2017

Le droit de prescrire des infirmières en milieu scolaire devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année en cours sur le territoire de l'Estrie.

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SANTÉ. Lancé le 16 janvier dernier, le projet-pilote entourant le droit de prescrire des infirmières en milieu scolaire est positif. Plus de 80 % des infirmières scolaires du territoire du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de l'Estrie - CHUS ont obtenu une attestation qui donne le droit de prescrire.

«Depuis le début du projet, les infirmières sont très partantes pour faire partie de ce projet-pilote et embarquent dans l'élargissement du champ de pratique. Elles sont là-dedans avec un engouement important. On ne sent pas qu'elles ont un effet négatif», a affirmé l'adjointe à la directrice des soins infirmiers au CIUSSS de l'Estrie – CHUS, Nathalie Schoos.

Le projet-pilote s'adresse aux 45 infirmières scolaires qui interviennent auprès de jeunes directement dans les écoles primaires et secondaires à travers le territoire couvert par l'institution de santé régionale.

«De ce nombre, 37 infirmières ont réussi à obtenir une attestation qui donne le droit de prescrire. On ne pouvait pas atteindre le 100 % puisque certaines infirmières sont des techniciennes. Comme elles ont une formation au niveau collégial, elles ne répondaient pas aux critères de l'obtention de l'attestation. Celles qui pouvaient l'obtenir ont réussi à l'avoir», confie Mme Schoos.  

La mise en place du projet-pilote était pour un but très précis.

«Il a pour but de documenter les besoins cliniques pour les infirmières de l'Estrie. On va pouvoir regarder l'implication de l'élargissement de la pratique infirmière et la façon dont ça doit être déployé. Dans un deuxième temps, ça va nous permettre de voir les impacts que l'élargissement peut avoir sur l'organisation et les services», ajoute la porte-parole du CIUSSS.  

Un projet qui se poursuit

Le CIUSSS de l'Estrie – CHUS confirme que le projet-pilote se poursuivra jusqu'au mois de juin 2017. Une évaluation complète sera effectuée à la conclusion de cette première étape. «On va regarder si certains indicateurs ont évolué dans le temps. Ces éléments vont nous permettre de constater si des formations d'évaluation avaient besoin d'une mise à jour et s'il y a eu des ajouts au protocole national», indique l'adjointe à la directrice des soins infirmiers au CIUSSS de l'Estrie – CHUS.

Selon Nathalie Schoos, cette première évaluation devrait permettre de souligner que les infirmières ont manqué de certains éléments ou qu'elles n'ont pas utilisé certains outils mis à leur disposition. De plus, la clientèle étudiante sera aussi mise à profit lors de l'évaluation.

Notons que le CIUSSS de l'Estrie-CHUS commencera à récolter certaines données au cours des prochaines semaines. Pour l'instant, l'organisation de santé estrienne ne dispose pas de données précises quant aux résultats obtenus jusqu'à maintenant.

Actuellement, le projet-pilote déployé en Estrie touche un seul domaine d'activité, soit la santé publique.

«Nos conditions initiales étaient plus gagnantes pour ce volet. Nous avions déjà plusieurs conditions réunies pour tester cet élargissement du champ de pratique. Notre organisation souhaite déployer la prescription infirmière à plus grande échelle dès l'automne prochain et atteindre le plein déploiement pour les soins de plaies et les problèmes de santé récurent à la fin 2018», reconnaît Mme Schoos.

À terme, la prescription des infirmières pourrait être accessible dans les cliniques jeunesses, la périnatalité ainsi que les centres famille/jeunesse.