La Traversée internationale du lac Memphrémagog a 34 ans. Cet évènement est une institution dans la région Memphrémagog et, pourtant, elle a de la difficulté à attirer 10 000 à 15 000 personnes à ses feux d artifice, comme c’était le cas il y a plusieurs années. La journée même de la nage, on pouvait compter entre 25 000 à 30 000 personnes à l’arrivée des nageurs.
Depuis quelques années, nous sommes loin de ces chiffres. Les subventions gouvernementales arrivent à la Traversée par dizaine de milliers de dollars tandis que les subventions gouvernementales arrivent par million de dollars aux nombreux festivals qui ont lieu à Québec et à Montréal.
Dans les années 1980 à 1995 environ, les gens de l’extérieur, les touristes comme on les appelle, arrivaient en région vers le 23 juin pour nous quitter en début septembre. Témoin de cette période, je peux vous donner comme exemple l’Auberge Orford, sous la direction de Bob Martimbeault et Thérèse Benoît, où cet établissement était plein de monde sept jours par semaine, de fin juin à au début septembre. Entre autres, les gens de Montréal, de Québec et des environs venaient passer leurs vacances à Magog. Il y avait de la vie, il y avait la Traversée.
Avec leurs «grosses» subventions gouvernementales, les festivals de Montréal et de Québec sont devenus tellement importants avec leurs spectacles grandioses, que les festivals en région, comme la Traversée, en arrachent financièrement. Les gens de Montréal et de Québec passent une grande partie de leurs vacances chez eux à courir leurs propres festivals, leurs propres évènements. Même les gens d’ici courent voir les spectacles et les évènements à grand déploiement à l’extérieur de la région.
Quoi qu’en disent les «spécialistes» du tourisme avec leurs statistiques, ledit tourisme à Magog-Orford subit une baisse d’année en année. Vous n’avez qu’à jaser avec nos commerçants, nos restaurateurs, nos aubergistes et nos hôteliers.
Également, où sont les bénévoles que l’on retrouvait par centaine dans les années 1980-1990? Les Jean Dion, Yves Grandmaison, Laurent Pelletier, Jean-Guy Gingras, Serge Laurendeau et Lyne Blouin ne pouvaient pas porter à eux seuls la dite Traversée. Il y avait une équipe de bénévole qui les supportait. Les gens avaient un sentiment d’appartenance envers la Traversée. Où est la relève?
Jean-Guy Gingras ne pourra plus diriger seul ladite Traversée pendant encore bien longtemps. Il a besoin des gens comme Pauline Larouche qui le seconde cette année.
Mon cher Jean-Guy, merci, mais il est temps que tu penses à ta santé et à ta famille et que tu puisses, toi aussi, prendre des vacances dans le Maine pendant les deux semaines de la construction, si tu en as le goût bien sûr.
Ce n’est plus à toi seul de vouloir sauver ladite Traversée, c’est plutôt aux conseils municipaux de Magog-Orford avec leurs citoyens de prendre la relève. Ne t'inquiète pas, ils vont être surpris, mais ils n’auront pas d’autres choix de continuer ladite Traversée et cela pour leur image et celle de la région. La solution est devenue politique. Pour quelle raison le cocktail-bénéfice de la Traversée a-t-il été annulé? Cette annulation entraînera un manque de plus ou moins vingt mille dollars de revenu pour la Traversée. Ce n’est pas après la Traversée que tu vendras facilement les billets pour ce cocktail.
À nous deux, nous avons occupé pendant 16 ou 17 ans la présidence de la Traversée .À ce titre, nous avons le droit d’intervenir dans ce dossier.
Me Laurent Pelletier
Avocat à la retraite et ex-président de la Traversée internationale du lac Memphrémagog
