Une visite sur le terrain a permis de constater l'avancement des travaux effectués sur la piste 4 km, sur le mont Giroux et dans le ruisseau Castle. Le défi consiste à freiner l'érosion et les sédiments dans les cours d'eau, en plus de redonner le débit naturel du ruisseau Castle avant l'enneigement naturel du domaine skiable amorcé en 1985.
Des travaux de 150 000 $ sont actuellement réalisés sur la piste 4 km afin d'en améliorer l'écoulement des eaux, plus particulièrement lors de la fonte des neiges ou lors de pluies diluviennes. Des roches et du gravier de cette piste ont été déplacés vers l'une des trois branches du ruisseau Castle, ce qui n'est pas très naturel.
Il y a quelques années, une dizaine de camions de type 10 roues y déposaient du gravier tous les deux ans. Cette situation a largement contribué à créer un delta de 85 000 mètres cubes de sédiments à l'embouchure du ruisseau Castle, quelques kilomètres plus loin au lac Memphrémagog. Des spécialistes estiment l'apport de sédiments à cet endroit en provenance d'Orford à 80 %. Ces travaux confirment qu'il n'est pas normal qu'un parc pollue son environnement de cette façon.
Québec s'attaque aussi à l'immense zone dénudée au sommet du mont Giroux, une superficie équivalente à un terrain de football. Les spécialistes du ministère de la Faune, de l'Environnement et des Parcs évaluent à 33 500 mètres cubes de pierres dynamitées au sommet des versants Orford et Giroux pour y fixer jadis les remontées mécaniques.
Les dommages apparaissent principalement au sommet de Giroux. L'été, cette zone décapée devient très visible de Magog et de l'autoroute 10. Certains la comparent à la tête d'un homme chauve brillante au soleil.
L'image fait peut-être rire, mais les biologistes du ministère ne rigolent pas. Ils entendent bien corriger la finition inexistante des travaux de l'époque où les lois n'obligeaient pas les études d'impact ni les opérations de renaturalisation, même si le domaine skiable était situé dans un parc.
Québec cherche actuellement une machine pour concasser ou broyer les gros cailloux de plusieurs pouces carrés, afin de les réduire à la taille de quelques petits centimètres carrés.
L'objectif consiste à niveler le sol pour lui permettre de créer une végétation. Elle freinera ainsi l'érosion et la chute de sédiments vers le bas, en plus de réduire l'épaisseur minimale de la neige afin de démarrer la saison de glisse.
De plus, cela permettra de rééquilibrer le débit du ruisseau Castle qui est aujourd'hui trois fois trop élevé. L'importation de 330 000 mètres cubes d'eau annuellement en provenance de l'Étang aux Cerises chutera aussi.
Des hommes procèdent aussi au nettoyage des trois branches du ruisseau Castle situées sur chacun des trois versants. Ils enlèvent le bois et les branches mortes. Une étude a décelé 72 foyers d'érosion qui seront améliorés.
Une autre étude a identifié 468 foyers d'érosion sur l'ensemble du domaine skiable, dont 80 % sont liés aux barres d'eau désuètes. Des corrections sont au programme pour l'an prochain.
De plus, un nouveau protocole d'enneigement artificiel entrera en vigueur dès la prochaine saison hivernale afin de réduire le volume d'eau apportée en montagne.




