Le coût de la grève étudiante, y ont-ils pensé ?

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Me Annie-Élizabeth Girard présente une chronique sur l’actualité judiciaire.

À Sherbrooke, certains étaient stupéfaits devant les coûts encourus par l’Université de Sherbrooke durant la grève des employés de soutien. La facture est élevée, c’est vrai. Mais pourquoi s’en surprendre, chaque conflit coûte cher, chaque contestation emporte avec elle une note parfois importante ! Il est primordial de garder le phare sur le coût bénéfice d’une contestation et sur la négociation d’une entente, et ce, dans tous les domaines.

Quel sera le prix de cette grève étudiante qui perdure et qui maintenant dégénère ?

Il est urgent de faire la lumière sur cette question pour limiter les coûts, pour tous.

La plupart des avocats sont sensibles aux coûts d’un procès. Faire un procès de 3 jours pour un problème de vices cachés d’une valeur de 20 000 $ n’a aucun sens. Il en coûtera souvent plus cher en frais que ce qui sera récupéré en bout de ligne, et ceux qui diront qu’ils veulent aller jusqu’au bout par principe seront en fin de compte, mécontents de la facture, mais aussi d’une décision qui ne leur donnera probablement pas raison sur toute la ligne. Il est rare qu’on gagne absolument tout !

Les avocats civilistes plaideurs sont régulièrement invités par les juges à soumettre un litige à une conférence de règlement à l’amiable, processus de plus en plus utilisé et qui donnent de bons résultats à bons coûts. Assistés d’un juge qui a un chapeau de médiateur, les parties tentent ensemble de trouver une solution pour mettre fin au litige.

Tous les participants doivent faire preuve d’ouverture d’esprit et être prêts à faire des compromis. Le juge amène chaque partie, et surtout les avocats, à revoir leur position. Parfois ces conférences durent toute une journée, et souvent on assiste à des débordements de colère, tant des parties que des avocats ! Il est souvent difficile de reconnaître que l’autre partie peut avoir un bon argument et d’avoir à faire des compromis, mais à la fin, dans plusieurs cas, tout le monde y trouve son compte.

Dans ce conflit «étudiant», tous auront perdu quelque chose; du temps, des profits, un achalandage, une réputation, de l’argent, de la patience, certains y auront même perdu leur jugement. Plusieurs en auront perdu de vue le coût de ce conflit.

La solution repose probablement dans une conférence de règlement à l’amiable présidée par un médiateur accrédité ou un juge.

Les seuls qui auront tiré bénéfice de cette grève sont les médias.

 

Me Annie-Élizabeth Girard, avocate

Organisations: Université de Sherbrooke durant la grève des employés de soutien

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Derniers commentaires

  • Claude Gagnon
    23 juin 2012 - 11:50

    Bravo ! Enfin un commentaire constructif et judicieux.