Les changements climatiques sont directement responsables des étés particulièrement chauds des 30 dernières années

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Les températures extrêmement chaudes, les vagues de chaleur et les sécheresses qui nous ont fait souffrir ces dernières années ont enfin un responsable désigné : les changements climatiques.

L'accusation n'est pas à prendre à la légère; elle vient directement de la NASA, par le biais d'une nouvelle analyse statistique publiée le 5 août 2012, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. L'auteur principal de l'article est James Hansen, de la NASA Goddard Institute for Space Studies (GISS) à New York. Il déclare, dans une lettre publiée dans le Washington Post : « le changement climatique est en train de se produire et il est pire que ce que nous pensions ». Concernant les vagues de chaleur, il affirme « qu'il existe un lien de causalité avec le réchauffement climatique, et dans cet article nous en présentons les preuves scientifiques. »

Son étude n'est pas basée sur des modèles climatiques ou des projections, mais bien sur les observations des événements climatiques et des températures de ces dernières années. Les chercheurs ont analysé les données de température de surface de la Terre et ont établi que la fréquence des événements de chaleur extrême dans les 30 dernières années augmente. Durant cette période, les données de température montrent une tendance globale au réchauffement.

« Notre analyse montre que pour expliquer les chaleurs extrêmes du passé récent, il n'y a pratiquement pas d'autre explication que le changement climatique ». Il se démarque donc de l'habituelle prudence des climatologues, qui disent généralement que le réchauffement climatique augmente la probabilité de survenue de phénomènes météorologiques extrêmes. En effet, il est très difficile de lier un événement météorologique individuel aux changements climatiques, puisque le climat est très variable naturellement. Certaines années sont plus chaudes, d'autres sont plus froides, et c'est normal! Mais ce qu'Hansen a réussi à prouver dans son analyse statistique, c'est que les vagues de chaleur et les températures extrêmement chaudes ne sont explicables qu'en tenant compte du changement climatique.

« La vague de chaleur meurtrière de 2003 en Europe, la vague de chaleur ardente de Russie de 2010 et les sécheresses catastrophiques dans le Texas et l'Oklahoma l'année dernière peuvent être attribuées au changement climatique », selon lui. C'est la première fois qu'un scientifique va aussi loin! Il considère aussi qu'une fois les données récoltées et analysées, il est probable que l'été extrêmement chaud dont les États-Unis souffrent en ce moment puisse aussi être attribué aux changements climatiques. « De telles anomalies ont été rares dans le climat avant le réchauffement des 30 dernières années, de sorte que les statistiques nous disent, avec un haut degré de confiance, que nous n'aurions pas eu de telles températures extrêmes cet été en l'absence de réchauffement de la planète » a dit Hansen.

Au cours des 30 dernières années, l'hémisphère nord de la Terre a vu plus d'étés « chauds », « très chauds » et « extrêmement chauds », par rapport à une période de base (définie dans cette étude de 1951 à 1980). Les endroits connaissant des périodes « très chaudes » se développent et correspondent à 12 % des terres dans l'hémisphère nord en 2011.

Selon l'analyse statistique des scientifiques de la NASA, nous sommes plus susceptibles de subir des vagues de chaleur extrême maintenant en été qu'au milieu du 20e siècle. Dans cette étude, l'équipe, composée notamment de Makiko Sato et Reto Ruedy, ne s'est pas focalisée sur les causes des changements de température.

Selon Hansen, « Il est encore temps d'agir et éviter une détérioration du climat, mais nous perdons un temps précieux ». Il se déclare en faveur de solutions telles que la taxe sur le carbone pour résoudre le défi du changement climatique afin de stimuler les innovations et les énergies propres. Les résultats impressionnants de son étude seront peut-être en mesure de pousser les décideurs à prendre de réelles mesures. En attendant, il fait chaud, très chaud et de plus en plus chaud!

Une chronique Mon climat, ma santé

En savoir plus :

La lettre de James Hasen publiée dans le Washington Post « Climate change is here - and worse than we thought »

Le communiqué de presse de la NASA (GISS) « Research Links Extreme Summer Heat Events to Global Warming »

 

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  • Florence Danner
    20 août 2012 - 11:28

    Merci beaucoup pour votre opinion! Selon le matériel et méthode de l’article de Hansen, les données utilisées par la NASA pour cette étude sont des relevés de températures réalisées par des stations météorologiques autour du globe (Global Historical Climatology Network, GHCN) du Centre national de données climatologiques (NCDC) de l'Administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA). Les données utilisées sont donc issues d’organismes sérieux. Pour plus d’informations sur les changements climatiques, vous pouvez vous référer à Ouranos, qui est le Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques.

  • jipebe29
    16 août 2012 - 09:23

    Les mesures par stations au sol et par satellites montrent que, depuis 1997, Tglobale est stable. Donc tout événement météorologique depuis 15 ans ne peut être attribué à un RC, puisqu'il n'y en a plus. Faire du « cherry picking » pour tenter de nous faire croire que le RC est responsable de tel ou tel événement n'a aucun sens. Un tel modus operandi n’a aucune valeur scientifique, car on peut prouver tout et son contraire. Les seules références ayant une solide valeur scientifique sont les mesures de température faites par les organismes les plus sérieux (RSS, HadCrut, UAH).