Edabo Bénin

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Dernière chronique en provenance du Bénin

Nous sommes en route vers Cotonou, la métropole. Notre destination initiale, et finale. Les deux derniers jours ont été marqués par la présence de l’eau. De l’océan, surtout, puisque nous avons retrouvé l’Atlantique, le golfe de Guinée, plus précisément, au bord duquel vivent la majorité des Béninois.

Sur la côte, la hauteur des vagues est modeste, mais le ressac est puissant. Il est dangereux de s’y baigner seul, même avec de l’eau jusqu’aux genoux. Les rares touristes présents sur les plages chutent sous la force du courant, leur maillot de bain s’emplissant de sable. Les Béninois, eux, ne se baignent pas, ou très peu. Sur la plage, pas de serviette, pas de parasol. De petits crabes presque translucides, des coquillages, des palmiers, de vieux sacs de plastique…

Nous avons passé deux nuits à Ouidah, où des millions d’esclaves ont été vendus dans un passé pas si lointain. Ce commerce florissant s’est déroulé avec l’aval des rois, qui ont largement profité de la traite négrière. Les habitants des régions conquises et les parias de la société étaient vendus sous un arbre qui procure encore un peu d’ombre au centre de Ouidah. Le Bénin tente aujourd’hui de faire la paix avec la période esclavagiste, qui a décimé une bonne partie de sa population. Des monuments sont érigés, des symboles sont mis en valeur. Devant l’impossibilité d’effacer un si sombre passé, on tente de mettre en lumière des éléments de l’Histoire qui permettent de le commémorer.

Nous revenons d’une visite au village lacustre de Ganvié. Cette localité s’est développée sur le lac Nokoué. Pas sur la rive, mais bien sur l’eau de ce grand lac peu profond. Les maisons sont construites sur pilotis. Sur le principal boulevard, la circulation de pirogues est dense. Les villageois magasinent au marché flottant. À deux coups de rame de là, des bateaux font la file pour se ravitailler en eau potable.

Notre pirogue à moteur prend un peu l’eau. Autour de nous, des pirogues de pêcheurs, des pirogues-taxis, des pirogues de croyants endimanchés, des pirogues de marchands, des pirogues d’enfants… Les toilettes ne bouchent jamais: on voit le lac et les poissons dans le trou. Au restaurant du village, on nous annonce qu’il n’y aura pas assez de poisson pour tout le monde. Quoi? La pêche est pourtant la principale ressource de la communauté! Le poisson n’est pas frais. Le poulet bicyclette était sûrement un athlète. La visite était mémorable!

Chronique culinaire

Chaleureusement accueillis par les responsables de l’APRETECTRA (Association des personnes rénovatrices des technologies traditionnelles), une organisation non gouvernementale appuyée notamment par la Fondation Paul Gérin-Lajoie, nous avons rendu visite, la veille, à des femmes de Grand-Popo. Dans cette ville à la frontière du Togo, des regroupements de mères cheffes de famille – en d’autres termes, monoparentales – se sont formés. Elles aspirent à une vie meilleure, grâce à des spécialités qu’elles ont développées.

Un des groupes de femmes sèche du poisson et recueille le sel contenu dans du sable boueux. Elles revendent ensuite leurs denrées au marché. L’autre regroupement a fait du moringa sa spécialité. Ces femmes prêtent de nombreuses vertus à ces feuilles, qu’elles vendent séchées. Chaque fois, on s’assied, on se présente, on discute, on goûte…

La bouffe béninoise est goûteuse, quoique pas particulièrement variée. Omniprésent, le poulet est servi à toutes les sauces: tomates, arachides, basquaise, yassa, épicée, très épicée, extrêmement épicée… Le poulet bicyclette court partout, en ville comme en campagne, et se nourrit de ce qu’il trouve par terre: graines, guechnouttes et autres cochonneries. (Avec cette phrase, je relève ici mon dernier défi d’écriture, lancé par Geneviève et Thomas.) Du poisson et de la pintade, notamment, figurent parfois au menu. Les plats sont accompagnés de riz, de couscous, de manioc (tubercule), d’igname (simili-patate), d’akassa (pâte de maïs), de frites ou de spaghetti.

Les déjeuners sont composés de pain plus ou moins sec, servi avec du beurre et de la confiture aux abricots. Lorsqu’ils sont plus élaborés, une omelette est servie. Le café instantané contribue à un réveil en douceur. Les salades sont à l’honneur au dîner, souvent accompagnées d’œufs et de thon. Avec notre chef, nous avons dégusté une bonne partie du voyage des Créations Honoré, qui nous ont permis d’apprécier les saveurs locales.

Ce n’est qu’un au revoir…

Notre voyage au Bénin tire à sa fin. Demain, nous aurons les pieds dans la neige. Deux semaines, c’est peu pour intégrer une culture aussi riche. Mais je crois que nous avons multiplié les occasions d’y arriver. Nos nombreux contacts avec les Béninois ont été autant d’occasions de s’ouvrir sur le monde, sur ce monde méconnu de la plupart des Québécois. J’en retiens surtout la fierté de ce peuple, sa joie de vivre, son accueil chaleureux…

Edabo Bénin. Au revoir!

 

LE BÉNIN EN BREF…

Il existe trois sortes de toilette. Il y a d’abord le bol de toilette tel que nous le connaissons. S’il n’y a pas de chasse, il suffit de remplir un bol d’eau et de le verser dans la cuvette. Vient ensuite la toilette turque. Il s’agit d’un trou dans le sol, entouré de murs et d’une porte en option. Parfois, c’est une pierre posée légèrement en angle devant un drain inefficace. Finalement, il y a la nature. Ailleurs qu’à la maison, c’est la toilette la plus populaire chez les Béninois.

Demandez à un Béninois de dire «coordonnées». Ça sonne comme «crottes de nez»!

Le klaxon figure parmi les pièces essentielles à un véhicule. Tous les conducteurs en abusent, que ce soit pour signaler leur présence, pour dire bonjour, pour signifier qu’on effectue un dépassement, pour traiter un autre conducteur d’idiot… Un klaxon est, en quelque sorte, un gage de sécurité.

Oubliez les épiceries. Au Bénin, on fait son marché… au marché. On y trouve de tout: bouffe, produits de beauté, pilules, bols, charbon…

La vaste majorité des habitations ne compte qu’un étage.

Transporter une table de cuisine sur sa tête, sans les mains, est tout à fait envisageable.

Au Bénin, de la viande, c’est du poulet bicyclette. Un point c’est tout.

Le papier de toilette est rose.

Les funérailles sont de véritables fêtes des morts. Il s’agit d’un party auquel tous sont invités. L’enterrement a généralement lieu le samedi. Tout le monde se réunit, parfois habillé du même tissu coloré choisi par les proches, pour célébrer joyeusement le mort. La famille, qui doit assumer les coûts de la fête, peut parfois sérieusement s’endetter.

Au Bénin, pour se saluer, on se donne quatre bisous sur les joues. Dans un mouvement similaire, les hommes se cognent tendrement les tempes quatre fois.

Le Bénin est un des pays les plus pauvres au monde : il figure au 161 rang sur 182.

Top 5 des noms de commerce rigolos: 5- Charcuterie Le Plaisir 4- Auberge La Tranquillité rénovée 3- Cons coiffure 2- Poissonnerie Dieu est capable 1- Restaurant Afrique gastro. Mention spéciale à L’Auberge Mon repos, voisine de la morgue!

 

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Commentaires

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Derniers commentaires

  • Geneviève
    06 février 2012 - 14:59

    Bon retour au pays Marilaine! Un bouquet de mercis pour tes chroniques à la fois, colorées et informatives.

  • Linda et Daniel
    05 février 2012 - 12:41

    Merci d'avoir partagé votre voyage avec nous. Ce fut très intéressant et amusant de lire toutes ces chroniques. Bon retour et au plaisir de vous revoir.