Les grandes lignes de cette analyse, réalisée pour le compte de l’Association pour la conservation du lac Brome, ont été publiées par le quotidien La Voix de l’Est de Granby au début du mois d’avril. On y apprend que les activités motorisées accentuent le problème de cyanobactéries au lac Brome.
«Les concentrations de phosphore dans le lac Brome sont très élevées dans ses parties les plus profondes. Et les activités motorisées sur le lac accentuent le problème, les vagues favorisant l’érosion des berges, ce qui entraîne davantage de sédiments dans l’eau. Ces conditions sont propices à la prolifération de cyanobactéries», lit-on.
En d’autres mots, les vagues causées par les promenades des bateaux à moteurs accentuent l’érosion des berges, ce qui permet aux sédiments contenant du phosphore de s’écouler plus facilement dans le lac. De plus, ces mêmes vagues créent des remous jusqu’au fond du lac, secouant ainsi la sédimentation qui contient aussi du phosphore, un élément favorisant la prolifération des algues bleues.
Les auteurs de l’étude de Teknika-HBA ciblent cependant d’autres activités alimentant les algues bleues, comme les trois terrains de golf près du lac Brome, la ferme d’élevage de canards (Canards du Lac-Brome), le réseau d’égout de la municipalité ainsi que les installations sceptiques des riverains et l’érosion des berges.
Le vice-président du Club de nautisme et de pêche du lac Bowker, Christian Girouard, a vivement répliqué en tribune libre quelques jours après la publication du reportage. Il y déplorait le fait que les embarcations à moteur soient devenues «l’élément majeur et quasi unique de toute la prolifération des algues bleues.»
M. Girouard tenait aussi à préciser que l’étude cible aussi d’autres sources de production de ce phosphore, comme toutes les autres sources diffuses ou directes.
Pierre Dépôt, de l’Association des propriétaires riverains du lac Bowker, croit que cette étude lui donnera le coup de pouce nécessaire pour éliminer seulement les motomarines et les bateaux de type «wakeboats» sur son plan d’eau. Sa démarche fait aussi partie d’un plan visant à éviter la prolifération de cyanobactéries au lac Bowker. Il invite d’ailleurs les autres associations à s’inspirer de l’étude du lac Brome.
Il aborde la question dans son mémoire déposé dans le cadre de la consultation publique sur le Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux lestés de type «wakeboats» et des bateaux à turbine sur le lac Bowker. «Des observations du «Department of Natural Resources du Minnesota» indiquent que l’effet destructif des vagues surdimensionnées de 62,5 centimètres de haut est 30 fois plus important que les vagues naturelles de 12,5 centimètres produites par l’action du vent ou par des embarcations à vitesse réduite. Selon le même document, les conséquences de l’érosion sur le milieu aquatique sont nombreuses : destruction d’habitats, augmentation de la turbidité de l’eau et de la sédimentation, libération d’éléments nutritifs (phosphore et azote) qui favorisent la prolifération des algues, en plus des cyanobactéries.»
À l’inverse, M. Girouard demande au Canton d’Orford de ne pas bannir certains types d’embarcations à moteurs à essence sur le lac Bowker. «Cette demande est absolument injustifiée, inopportune, fondée sur de fausses informations en plus de contrevenir aux lois et règlements en vigueur», signe-t-il au bas de son document.
Plusieurs autres mémoires et pétitions déposés dans le cadre de la consultation visant l’interdiction sélective des motomarines et des «wakeboats» au lac Bowker sont aussi disponibles sur le site Web du Canton d’Orford au www.canton.orford.qc.ca.
L'Association pour la protection du lac Magog (APLM) et la Société de conservation du lac Lovering tiennent chacune une réunion publique d'information sur les cyanobactéries, ce samedi 28 avril.
Le groupe du lac Lovering invite d'abord ses riverains pour discuter des causes et des sources d'éclosion, en plus d'aborder les mesures à prendre par les individus et les Municipalités pour contrer le phénomène des algues bleues. Cette rencontre aura lieu à l'église Saint-Éphrem de Fitch Bay, de 9 h à 11 h 30. Information au 819 868-2669.
Suivra la seconde rencontre à l'église de Sainte-Catherine-de-Hatley à compter de 13 h pour aborder le même thème. L'objectif consiste également à trouver des solutions pour éviter les cauchemars de l'an dernier.
Une biologiste du RAPPEL, Camille Sirois, y abordera les façons de contrer les cyanobactéries, tandis que Janie Bergeron présentera le programme de revégétalisation des rives de l’APLM. Information au 819 864-7509.




